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Le Rocher, un conte illustré.

Couverture du conte Le Rocher
Le Rocher - © Sandra Savajano 2010

Son aventure personnelle.

Le Rocher est né dans les années 90 et n'existait qu'oralement.

Il fut posé la première fois par écrit pour mon ami Michel P. qui voulait participer à une soirée Contes alors qu'il ne disposait d'aucune histoire.

Bien qu'il exista déjà depuis quelques années, je le contais pour la première fois et en allemand, aux enfants de ma femme lors d'un voyage aux USA, dans le cadre magnifique du Yellowstone National Park. C'était une belle nuit estivale de 1996.

Il reprit du service au Québec et fut conté, par une nuit tout aussi estivale de 1998, devant la merveilleuse assistance du clan Blacksmith de la bande montagnaise de Mashteuiatsh.

Imaginez la scène. Nous étions réunis autour d'un feu dans les immensités de la forêt du Nitassinan, non loin d'un petit lac qui portait le doux nom de « Lac du noyé », si mes souvenirs sont exacts. Les Ilnuatsh, c'est la forme plurielle de leur nom dans leur langue, toutes générations confondues, écoutaient attentivement et ils apprécièrent beaucoup cette histoire car elle leur parlait un peu de leur pays, de leur vie. Les montagnes, l'oiseau-tonnerre, l'aigle et la pierre dont ils sont proches. Feu Alcide Blacksmith nous conta alors la légende de leur héros qui égorgeait des géants cannibales à l'aide d'une plume d'aigle justement. Légende que je traduisais en simultanée pour ma femme et ses deux enfants qui n'entendent pas vraiment la langue de Voltaire.

Par la suite, je le contais à mon fils Lucien qui aimait lui aussi voyager avec la pierre. À sa mort, je le contais pour la dernière fois et de nouveau en allemand, pour les dizaines de petits amis du jardin d'enfants de mon Lulu.

Il fera ensuite de courtes apparitions sur les différents blogs que j'ai tenu depuis 2007

Le texte dont vous pourrez découvrir des extraits sur ce site, en est la version définitive, l'écriture ayant l'avantage de permettre la transmission d'une histoire, sous sa forme originelle, à travers le temps mais aussi l’inconvénient de figer celle-ci en excluant les subtiles variations du conte qui peuvent apparaître en fonction des humeurs ou des trous de mémoire du conteur, de la météo locale et des réactions des auditeurs.

Vous pouvez découvrir sur cette page d'Esprit de mots les commentaires laissés par ses lecteurs pendant son séjour sur le blog.

En fin 2010, alors que mon amie Martine Drouart-Meys qui avait corrigé les textes de Le Contraire et Tatewin, était à la recherche de texte pour sa toute nouvelle maison d'édition : Les éditions Qui lit vit, je lui proposais Le Rocher qu'elle soumit immédiatement à son comité de lecture avec le résultat que nous connaissons aujourd'hui : un livre.

Quatrième de couverture de Le Rocher
4ème de couverture

L'histoire.

C'est l'histoire d'un rocher, une vieille, très vieille histoire, dont seuls le vent et la pierre ont conservé la mémoire. Il était le sommet de la plus haute montagne du pays et de cette position avantageuse, il pouvait voir loin, très loin, jusque la ligne d'horizon.

Saviez-vous que les rochers ont une excellente vue, une très bonne ouïe mais pas forcément un bon caractère ?

Malgré tout, sa vision parfaite se heurtait à un problème incontournable : la belle rondeur de notre planète et là-bas, tout là-bas dans le lointain, il ne pouvait discerner les détails de grosses taches de couleur qui semblaient bien intéressantes. Le Rocher était très curieux et il rêvait de voyages. Il s´imaginait partant vers l´inconnu et découvrant des mondes extraordinaires, vivant les aventures les plus intenses, les plus bizarres, puis il s´attristait de réaliser qu´il ne pouvait voyager.

Un jour que son ami l'aigle passait le visiter, le Roc, pour les intimes, lui demanda donc d'aller voir ce qu'était cette grande tache blanche au nord, ce qui fut fait. À son retour, l'aigle qui n'était pas grand voyageur, conta les beautés et merveilles qu'il avait pu observer lors de son voyage. Le Rocher était satisfait mais il restait cette tache noire à l'ouest et puis la verte au sud et encore la jaune à l'est... Aussi demande-t-il à son ami d'aller y battre de l'aile. Ce dernier accepta d'aller à l'ouest, en revint très impressionné mais lorsque le Rocher lui demanda d'aller vers le sud, il refusa et le Roc se mit à pleurer.

Avez-vous déjà entendu pleurer la pierre ? Cela fait un vacarme abominable et pire encore, elles sont, comme dans tout ce qu'elles font, capables de pleurer des éternités.

Aussi l'aigle, malgré sa grande fatigue se décida de retenter l'aventure. Encore un voyage merveilleux, des descriptions de faune et de flore inconnues, encore une fois le Rocher voyait sa curiosité satisfaite mais aussi sa tristesse d’être un voyageur immobile augmenter.

Lorsqu'il demanda à son ami d'aller à l'est, l'aigle refusa tout net et s'envola. Le Rocher pleura et pleura tant et si fort que tous les êtres des environs, les étoiles et le soleil compris, décidèrent de tenir un grand conseil. Il fallait que cela cesse !

Trouveront-ils une solution pleine de sagesse à cet épineux problème ? Pourront-ils surtout mettre un terme à cet insupportable vacarme ?

Vous le saurez en vous procurant le livre.

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