Vous avez dit Messie ? (13)

Du 28 06 2008 § 4 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

Ninth century ivory plaque from Genoels-Elderen

DEFENSE DE CONTAMINER LES ASSISTANTES SOCIALES

Elle me tombait dans les bras et je sentais mon sexe durcir à la seconde.
« – Tu es africaine ? J’aime beaucoup les africains.
– Non, antillaise de la Martinique. »
Mes connaissances en Géographie étaient assez étendues pour que je situe à peu près ses origines.
Je ne la lâchais pas.
Elle me souriait, posait sa main sur mon excroissance et m’embrassait.
Des applaudissements et des cris de joie fusaient autour de nous. Je n’avais pas remarqué que le couloir était plein, comme hier.
Elle me prenait par la main et m’attirait fermement dans la salle.
« Je vais dans le bureau du chef avec monsieur Bertrand. D’accord les filles ? »
Les deux autres assistantes sociales hochaient de la tête.
L’une d’elles nous lançait un regard envieux, l’autre un regard dédaigneux.
Ce dédain aurait dû m’alerter, c’était comme: « Encore… Pfff ! »

Nous volions dans le bureau du chef qui à ma grande satisfaction était absent.
Elle se jetait sur moi, ôtant mes loques avec précipitation. Son odeur adorable me pénétrait par tous les pores. Je dégrafais son corsage et sa poitrine généreuse explosait de vitalité comme un grain de maïs sous l’effet de la chaleur.
« Putain, qu’elle est belle ! »
Nos langues se cherchaient, se trouvaient et puis se cherchaient encore.
J’enfouissais ma tête entre ses seins et faisait tomber sa jupe.
Elle râlait d’excitation et j’avais oublié comment on respirait.
Je découvrais ses fesses admirablement rondes, charnues et rondes comme la lune.
Elle s’agenouillait, me baissant le pantalon et sortait mon oiseau, mon rapace de sa cage.
Elle le regardait un instant, une seconde d’éternité, le tenant dans sa main comme une pépite dorée.
Je me sentais comme transporté au cœur du cyclone.
Elle portait mon pénis à sa bouche et je perdais le sens de la réalité.
La mer était furieuse et nous luttions pour maintenir le cap.
L’écume illuminait nos ébats et le vent fouettait nos sexes.
Nous étions la tempête, nous étions la mer, nous étions l’esquif.
Nous jouissions dans un commun paroxysme et nous nous affalions sur le tapis du chef.
Jamais dans mes vies, je n’avais joui aussi intensément.

« – Jesus, je passe te prendre après ton travail, nous irons chez moi.
Ces mots de miel me coulaient le long de la colonne vertébrale.
– Je t’aime !
sortait de ma bouche comme si je lui demandais une cigarette.
– Chuttt ! était sa seule réponse. Pars maintenant ! »

Je sortais du bureau du chef et remarquais que le regard envieux était devenu admiratif et que le regard dédaigneux était devenu haineux. Je fuyais cette pièce sans demander mon reste.
Dans le couloir, j’étais accueilli par des exclamations exagérées, des sifflets d’honneur et des applaudissements.
Et bêtement, je traversais cette foule humaine, les mains levées au-dessus de la tête, comme un boxeur sortant vainqueur du ring. Je riais de bon cœur et mes admirateurs étaient fous de joie. Jusqu’au moment où deux agents des forces de l’ordre, intrigués par ce vacarme, apparaissaient dans mon champ visuel.
La vue des uniformes agissait comme une douche froide sur mes fans et sur moi.
L’ordre et le calme régnaient à nouveau. J’enfilais mon Bomber et planait jusqu’à mon lieu de travail.

Le reste de la journée passait comme dans un rêve.
Après une nuit blanche d’amour noir avec Hortense, elle m’apprenait que je pouvais habiter chez elle et elle allait au travail.
J’aurais dû remarquer les analogies entre ma situation et celle d’un reste de poulet qu’on plaçait dans le réfrigérateur en lui promettant de revenir.
J’utilisais l’ordinateur d’Hortense pour publier mes premiers blogs. Je ne me donnais pas beaucoup de mal, j’étais inspiré et subitement très intéressé au sauvetage de l’humanité, d’une humanité nommée Hortense Dieudonné.
Les semaines passaient et mon travail aux Galeries était fini. Les nuits avec Hortense étaient magnifique mais je ressentais qu’elle éprouvait une certaine lassitude.
Mon blog s’était enrichi d’une centaine de textes, tous plus divins et précieux les uns que les autres que personne ou presque ne lisait.
Les seuls commentaires que j’avais reçu, étaient des commentaires haineux de fondamentalistes de tous poils qui me menaçaient des pires châtiments dans ce monde et dans l’autre.
Je faisais part à papa de mes doutes quand à la justesse de cette stratégie.
Sa réponse me laissait perplexe.
« Oui, je sais. J’ai du mal à comprendre cette technologie et les chemins sinueux empruntés par les humains pour communiquer en ces temps cruels. Écoute, fils ! Je vais ramener à moi un expert, il faut encore que je le trouve car ces conseillers des temps modernes ne sont que rarement paradisables. »
Mon problème principal avec l’Internet, était que je ne savais pas comment uploader (vous remarquerez que je domine mon sujet) des fichiers miracles et que d’être privé de mes APM (armes de persuasion massive) miracologiques dévaluait ma qualité de Messie.
Je m’endormais sur ces préoccupations et étais réveillé par Hortense.
« Salaud ! »
Je la regardais abruti.
« J’ai les résultats de mon test, je suis séro-positive. Tu dégages ! »
Je ramassais mes affaires et partais la queue entre les jambes, non sans discrètement guérir son SIDA et le mien par la même occasion.

« Merci Ginette ! »

Image – Ninth century ivory plaque from Genoels-Elderen –Goodness Shamrock – 02/04/2009 – Licence :

Public Domain

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4 Commentaires

  1. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    Constatation évidente que Jésus n’a pas besoin de viagra.
    Un rapace s’échappe de la braguette du Messie qui est en pleine forme. L’africaine est aux anges devant le bel oiseau.
    Cette partie chaude du texte est relatée avec un zeste d’humour, et beaucoup de sensualité dénudée.

    Jésus n’a pas le succès escompté avec son blog, comme de nombreux adeptes de la bloguosphère. Un mauvais référencement sans doute, en est la cause.

    Ginette, avant de trépasser, a filé le Sida au Messie qui n’a pas trouvé nécessaire, de se protéger.

    L’auteur nous fait vivre avec talent, les moments les plus chauds de la vie sexuelle de Monsieur Bertrand.
    Superbes instants de lecture où miraculeusement, tous les soucis s’estompent.
    Amitié.
    dédé.

  2. tby dit :

    @dédé: Merci Dédé, j’ai joui de ce commentaire
    Rire
    Thierry

  3. Odile dit :

    J’ai pris .. beaucoup de plaisir .. à lire cet épisode …
    j’aime cette écriture qui n’utilise pas … la langue de bois .. si je puis m’exprimer ainsi ..

    je trouve dommage …que cela soit Ginette .. qui soit à l’origine .. du SIDA .. même si cela semble .. dans l’ordre des Choses …

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