Vous avez dit Messie ? (11)

Du 27 06 2008 § 6 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

Sceptre de masque représentant un génie féminin, culture Senufo

DEFENSE D’AIMER L’ASSISTANTE SOCIALE

Elle revenait, une tasse de café à la main.
« Prenez place ! »
Je m’asseyais sur la chaise qui était devant moi, regrettant de tout mon être de ne pas pouvoir m’asseoir tout prêt d’elle.
« – Votre nom ? »
Je n’entendais pas cette question, j’étais hypnotisé.
« – Votre nom ? dit-elle, un peu agacée.
– Jesus Bertrand ! Bertrand comme le prénom.
répondais-je perdu dans ma contemplation. L’agacement lui convenait à merveille, j’aurais volontiers passé ma journée à l’agacer. Sa petite moue autoritaire, soulignée par un froncement de sourcils.
On aurait cru un Michel-Ange.
– Domicile ? »
Je scrutais sa poitrine à la recherche d’un petit badge qui m’aurait trahi son nom.
« – Domicile ? »
J’étais figé comme un chien d’arrêt, sur collier en argent soutenant une étoile de David de bonne taille.
« Mmmmh ! Monsieur Bertrand !
Je prenais note d’un léger rougissement.
– Oui ?
– Vous habitez ? Votre adresse?
– Euh, je suis SDF ! répondais-je sans quitter des yeux cette étoile de David qui reposait sur la base de ses seins.
Elle portait la main sur sa poitrine dans un geste de protection et rencontrait cet objet.
– Ah, vous êtes étonné ? me disait-elle en souriant.
Son sourire, ses dents d’une blancheur incomparable, je fondais sur place. Enfin, presque tout fondait en moi, une partie de mon corps bien précise se durcissant comme si elle absorbait les fluides qui se libéraient…
– Oui, vous ? Votre nom ?
– Ah, mon badge. »
Elle ouvrait un tiroir de son bureau et agrafait ce petit rectangle sur sa poitrine. Il était bien difficile de lire ce qui y était inscrit, les caractères regardant fièrement le plafond.
« Je suis Hortense Dieudonné ! Enchantée monsieur Bertrand !
– Dieudonné… » Je me contrôlais difficilement pour ne pas éclater de rire.
« – Vous êtes juive ?
– Non, mon grand-père paternel l’était, ce bijou lui appartenait.
– Ah… J’ai été juif moi aussi, à l’époque.
Elle riait.
Un rire divin sortait de cette poitrine tout aussi divine pour résonner à mes oreilles comme l’angélus.
– Et vous ne l’êtes plus maintenant ? disait-elle en secouant légèrement la tête de gauche à droite, un regard amusé lui embellissant les yeux.
– Moi ? Non, maintenant je suis tsigane. »
Elle partait d’un éclat de rire qui faisait se tourner toutes les occupants des autres bureaux dans notre direction.
Elle se mettait la main devant la bouche et buvait une gorgée de son café afin de noyer le rire.
Je souriais, conquis.
« Vous avez un joli sens de l’humour. » me disait-elle en baissant les paupières d’un manière si féminine que je craignais que mon sexe tendu n’explose à l’instant.
« – Bon, reprenons. Que puis-je faire pour vous ?
Je pensais très fort: « Me prendre dans tes bras et m’embrasser longuement » et je disais:
« -Je cherche du travail et un logement. »
Elle était soulagée de pouvoir retrouver son calme en traitant une affaire comme la mienne.
Elle tapotait sur le clavier de son ordinateur, toute concentrée à sa tâche.
J’en profitais pour continuer mon exploration et levais légèrement mon fessier de la chaise afin de pouvoir contempler ses hanches.
Elle les avait merveilleusement dessinées, une taille fantastique et des hanches à enfanter.
Je laissais tomber un papier de son bureau et le ramassais lentement, jouissant de cette vue sur ses jambes gainées de soie, sur ses chevilles délicates, sur ce petit bout de culotte que je devinais entre ses jambes pudiquement serrées.
Mon sexe me faisait mal.
« – Voilà ! Je vous note sur cette feuille l’adresse d’un grand magasin, ils recherchent des pères-Noël à mi-temps, de 16 à 20 heure, pour distribuer des prospectus et des bonbons aux passants. Je ne sais pas si c’est à l’intérieur ou à l’extérieur. Ils fournissent le costume. Précisez leur que vous venez de nos services. Pour le logement, je vous donne ce formulaire que vous donnerez au gardien du foyer municipal. Ils ont des places de libre. L’adresse est inscrite sur le formulaire. Il est encore tôt et je vous conseille de vous présenter au foyer en premier lieu, afin d’être certain d’y avoir un lit et d’aller voir votre employeur par la suite.
Je buvais ses mots, non pas pour leur valeur, pour leur sonorité. Son petit accent était trop charmant, une promesse de soleil.
– Nous reverrons nous ?
– Oui, passez demain avant d’aller au travail. Demain, je reçois sur rendez-vous. La place au foyer n’est valable que pour une nuit en cette saison, vous savez, la municipalité ne laisse mourir personne dans la rue. Que diriez-vous de 13 heures ?
– Oui, 13 heures c’est très bien. »
Je me levais pour la saluer lorsque je remarquais que son regard était fixé sur mon pantalon, une jolie moue de surprise qu’elle laissait disparaître d’un cou de langue sur les dents. Mon érection n’allait pas décroître devant le spectacle de cette langue merveilleusement rouge passant sur ses dents parfaitement blanche, le tout étant soutenu d’un fond délicieusement noir.
Je lui souriais, un peu gêné tout de même.
Je pensais fort: « Je te veux ! » et je disais doucement:
« – A demain.
Elle rougissait encore une fois, surprise d’entendre ma voix et me regardait dans les yeux, comme si elle lisait dans mon esprit.
– Oui, à demain, monsieur Bertrand. »
Elle tapotait sur son clavier, de nouveau plongée dans son travail.
Je me dirigeais vers la porte, désirant son regard brûlant sur mon cul.
Elle me rattrapait là et je sentais son haleine parfumée et son odeur musquée se poser sur moi comme une caresse.
J’ouvrais la porte, le cœur battant la chamade.
Je sortais dans le couloir et me retournais pour l’admirer dans sa stupéfiante totalité.
Elle me souriait et je croyais reconnaître une complicité dans ce sourire.

Et j’entendais sa voix douce appeler : « 71, 72 et 73 ! »
Je marchais sur des nuages en sortant de la mairie.
Qu’il était bon d’être amoureux.

Image – Sceptre de masque représentant un génie féminin, culture Senufo, Côte d’Ivoire; entre 1910 et 1960 . Musée africain à Lyon. – Vassil – 30/09/09 – Licence :

Public Domain

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6 Commentaires

  1. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    La belle Dieudonné rencontre Jésus qui ne résiste pas à son charme. Il subit une grosse émotion d’homme, qu’engendre la beauté de la femme.
    Décidemment, le Messie respecte l’évangile qui recommande d’aimer son prochain. Ce qu’il respecte sans aucune faille, tant que son prochain demeure être une femme.
    L’auteur avec délice, mêle Jésus au plaisir de la chair. C’est chaud pour le Messie qui risque les feux de l’enfer… après ceux de l’amour.
    L’érotisme ne manque pas dans ce passage à l’ANPE.
    Amitié.
    dédé.

  2. tby dit :

    @dédé: Bonjour Dédé du matin. Un Dédé du matin c’est pas comme les araignées = chagrin, c’est une tranche d’humour qui soutient mon messie. Comme tu dis et ce qui m’a bien fait rire ce Jesus aime son prochain, surtout quand il est de sexe féminin.
    Amitié
    Thierry

  3. Edouard dit :

    Je connais un Dieudonné qui, lui, n’a plus le sens de l’humour….du moins, je ne suis pas le genre de personne qu’il fait marrer: moi et Le Pen, on ne rit pas des mêmes choses.
    .-= Edouard son dernierblog ..ET DIEU CREA… =-.

    • tby dit :

      @ edouard : Oui, je connais ce Dieudonné. Il est remarquable que tu ais choisi de lire Vous avez dit Messie alors que ton dernier article est Et Dieu créa… Rire. Le hasard n’existe pas.

  4. Odile dit :

    je trouve cet épisode .. délit cieux …

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