Une histoire d’amour. FIN ?

Du 12 06 2008 § 15 Commentaires § Mots-clefs : , ,

Les funérailles de l'amour

Ils allaient voir Markus, respectant le dernier souhait de la mourante. Il gisait là presque mort et ils le ramenaient sur la terre. Ils luttaient contre la mort et le clouaient dans son corps.

Markus était désespéré, elle était seule parmi des inconnus ? Elle le cherchait pour sûr.
Rentrant chez lui, il reprenait la potion qui ouvrirait la porte vers sa Gundula. Il prenait place dans son fauteuil favori et mettait leur musique, Carmina burana, cette musique fascinante qu’ils avaient tant de fois écouté au «Völkerschlachtdenkmal» de leur bonne ville de Leipzig.

Son voisin le voyait par hasard s’effondrer et appelait la police.
Cet homme prenait peur et portait plainte contre Markus.
« Et si la prochaine fois, il faisait une tentative au gaz ? »
Et Markus repartait pour des semaines en clinique, des semaines de batailles juridiques.
Puis quand l’état et la justice, à bout d’arguments et de droits le laissaient sortir, il rentrait dans sa lugubre villa car il y manquait son soleil.
Gundula l’attendait sous la pyramide et Markus était un preux chevalier du temps jadis, du temps où la parole donnée valait plus que tous les papiers.

On avait chargé un de ses amis de la surveillance. Mais voilà, il était son ami et il aimait Markus et Gundula. Le soir on lui demandait : « Ne devrions nous pas aller voir ? Lui téléphoner, comme par hasard ? »

L’ami restait tranquille et sa réponse était simple, aussi simple que ce qui se passait dans la villa de Markus et Gundula : « N O N ! »

Au matin, ils entraient dans la maison et découvraient Markus souriant et mort.
Son cœur ne battait plus pour sa Gundula, pourquoi faire ? Il était maintenant là-bas.

Pour la petite histoire, je me dois de vous conter que la fondation ne sera jamais fondée.
Markus qui n’était de première jeunesse que dans son cœur et celui de son aimée, avait quelque peu négligé les papiers.
Alors le fisc refusa d’agréer l’entreprise, il faut dire que cela aurait restreint sa prise.
Une fondation comme héritier et l’état ne voyait rien de tout ces deniers.
Ils trouvaient un lointain parent, chômeur et assisté social qui se réjouissait de la pluie d’or et d’argent qui comme le déluge noyait son compte à la caisse d’épargne.
Oh, il ne toucha pas des millions, quand l’héritier n’est pas direct l’état prend la part du lion.

On pourrait se révolter contre ces stratagèmes mais n’oublions pas les mots : « Je t’aime. »
C’est avant tout la morale de cette histoire et lorsque vous vous promènerez dans un cimetière de Leipzig. Si vous passez près d’un petit lac sous l’ombre d’une pyramide de porphyre, ne pensez pas aux choses de cette terre, pensez à l’amour de Markus et Gundula, pensez à la beauté de l’univers…

FIN

Cette histoire inspirée par une histoire vraie qui me fut racontée hier, je vous la livre comme on me l’a livrée, comme un cadeau, comme un bienfait.

Image – Les funérailles de l’amour – Antoine Caron 1521–1599 – 1560-1570 – Licence :

Domaine public

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15 Commentaires

  1. lubesac dit :

    Après la belle histoire d’amour on retombe dans la dure réalité de l’argent, du fisc….Merci Thierry pour cette histoire vécue qui est en même temps un conte:on pourrait lui trouver une morale!

  2. lita.s dit :

    merci monzami. ils est des âmes qu’on aurait tort de vouloir séparer.
    bises

  3. Patrick dit :

    Belle nouvelle, comme un conte qui nous apprenons n’en est pas un et qui n’en est que beau car réel. Célébration de l’amour au delà de la mort, traversée d’une ironie mordante (le fisc et l’argent qui décidément dirigent ce monde) et écrit avec ce talent de raconteur d’histoires qui coule dans tes veines.
    merci pour ce cadeau que l’on t’a offert et que tu nous restitues avec pudeur et générosité.
    Amitié.
    PAT

  4. histoire universelle et combien pragmatique…
    mais unique racontée par toi.
    Kleist à Vannsee…

  5. dédé dit :

    Bonsoir thierry,
    Cela me fait songer à ce couple qui désirait faire le dernier voyage ensemble. Malheureusement, l’épouse a survécu.
    Cette belle histoire d’amour que tu nous offres avec talent, doit se répéter souvent.
    Mais le monde continue de tourner, comme un manège, où le seul intérêt demeure l’argent.
    Amicalement.
    dédé.

    • tby dit :

      @dédé -
      Salut mon ami. Oui, la vie n’en fait qu’à sa tete mais l’amour puisqu’il existe nous permet de corriger le tir parfois. Merci pour ta lecture. Thierry

  6. sarah frane dit :

    une triste mais belle histoire d’amour magnifiée par ton style et tes mots, merci thierry, amitiés

  7. Edouard dit :

    j’aime beaucoup cette histoire d’amour. Un amour pur et rare. J’aime aussi la façon de la raconter, où la douceur et la sobriété s’imposent.
    Pour ce qui est de l’héritage évoqué à la fin, ici, en Belgique, l’Etat pompe 70 % quand on n’est pas héritier direct.

  8. tby dit :

    @Edouard: Merci Edouard, cette histoire vraie m’avait touché. Oui en France c’est 65% je crois.
    Amitié
    Thierry

  9. Guyot Olga dit :

    Très jolie histoire d’amour, l’amour, jusqu’à la fin, oui c’est infiniment beau …
    Amitiés
    Olga

  10. Odile dit :

    Oui il nous faut surtout.. pas oublier .. la formule magique de l’Amour Eternel… qui gomme tous les autres aspects plus « glauques » … existe .. même si ..nous n’avons pas su lire correctement son mode d’emploi …

    Sourire
    Odile

    • tby dit :

      @ Odile : Sourire. L’amour éternel j’y crois enfin je crois. Hier j’ai entendu une belle phrase qui disait qu’entre les morts et les vivants, le seul pont, le seul lien, c’était l’amour. Le jour où nous arriverons à obtenir la meme chose entre les vivants tout simplement sera un jour splendide.

  11. guyot olga dit :

    Je suis revenue lire cette si belle histoire d’amour, ce que je ressens est encore plus intense que la première lecture. Y croire, oui, toujours …
    Bisous mon ami
    Amitié
    Olga

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