Un avenir radieux.

Du 28 09 2009 § 33 Commentaires § Mots-clefs : , , , , ,

La maison blanche

Le blog du blogueur masqué ayant disparu, je republie ce texte en ces lieux. Il s’agit d’un guestblogging que j’avais rédigé pour son blog et qui traitait donc d’un avenir radieux. Cet avenir n’est pas tout à fait radieux, il est juste possible, envisageable et pour beaucoup seulement confortable. Cette notion de confort qui nous pousse à accepter bien des choses et surtout à investir notre confiance en des personnes ou des organismes qui ne pensent pas obligatoirement à faire notre bonheur, contrairement aux apparences.
Pourquoi remettre ce texte en ligne ?
Pour deux raisons simples, la première c’est que j’en suis l’auteur et que j’aimerais que ce texte demeure accessible. La seconde, c’est que je vais ouvrir un blog « peaulithique.wordpress.com » dont je vous reparlerai bientôt et qui traitera de questions qui me tiennent à cœur alors qu’elles n’ont rien à voir avec le raconteur d’histoires, avec le racontage d’histoires devrais-je dire.

Titre : Un avenir radieux
Sous-titre : As-tu peur de Boogle ?

Le 20 Janvier 2039

Nous regardons la cérémonie d’ouverture du mausolée avec mon grand-père et je vois une larme perler sur sa joue.

– Pourquoi tu pleures papi ?
– …
– Tu l’aimais pas pourtant ?
– C’est pas pour lui que je pleure. C’est un vrai cauchemar. Te biles pas, ça va me passer avant que ça te reprennes.

Je suis troublé. Pourquoi papi est-il bouleversé par cette cérémonie qui ouvre au public le mausolée abritant le corps embaumé de Barack Obama?

Come on papi…
– Raaah ! C’est à cause de vieux souvenirs. Les relents d’une époque oubliée où d’autres fous faisaient la queue à un autre endroit pour voir le cadavre d’un autre sale con. Ils ont juste changé les couleurs.
– Les couleurs ?
– Ahahahaha ! Oui, c’est l’ironie du truc. Avant c’était la place rouge, maintenant c’est la maison blanche. Tu trouves pas ça drôle ?
– …

Non, je ne trouve pas ça drôle. J’y comprends rien. Moi j’aimais bien Obama et j’ai même versé une larme quand il est mort, il y a deux semaines.

– Tu veux bien m’expliquer papi ?
– T’es sûr ? C’est long.
– J’ai tout mon temps, ma copine peut pas aujourd’hui.

Un éclair de malice traverse son regard.

– Tu vas redécouvrir les vertus du travail manuel ? Pas de cyber ce soir ?
– T’es dég…
– Tu sais, de mon temps on échangeait nos fluides corporels et puis on sortait pour rencontrer les copains.
– …
– Bon j’arrête ! Je voudrais pas te faire vomir sur ton moniteur aseptisé.

Des fois, papi c’est vraiment un vieux con !

– T’inquiète Barack, je le ferais plus. Tiens c’est comme tes parents, je leur parle plus depuis le jour où ils t’ont donné ce prénom. Une connerie pareille ça me rappelle trop un temps où beaucoup de garçons se retrouvèrent prénommés Adolf.
– Adolf ?
– Attends ! Je vais chercher un bouquin.
– Un bouquin ?
– Un livre, des pages en papier recouvertes de petits signes noirs, une antiquité. Mais t’y fais gaffe ?
– Oui, oui papi, va chercher ton truc.

Je me tourne vers le moniteur. Ma pupille est scannée et mon compte s’ouvre dans une nouvelle fenêtre. Pas de courrier, je vérifie rapidement l’état de mon avatar du dernier jeu à la mode, pas de problèmes, tout est au vert.

– Tiens ! C’est 1984 de Georges Orwell. Quand tu l’auras lu, tu comprendras mieux ce que je vais te raconter.
– Attends ! Je vais le downloader, comme ça tu pourras garder ton antiquité.
– Tu ne le trouveras pas ! Vas-y cherche !
– Tu as raison, il n’existe pas.
– Tiens, cherche « Élection présidentielle 2008 aux États-Unis d’Amérique. »
– Rien papi… T’inventes des trucs exprès ?
– Viens avec moi dans ma chambre.

Une fois dans la chambre à coucher, je me sens mal à l’aise. Trop de lui, trop de son ADN. J’ai l’impression de le voir nu. S’il me dit de m’asseoir sur le lit, je vais défaillir. Non, il ouvre une armoire murale et je découvre là un matériel étrange.

– C’est quoi ?
– Ça mon bézot, c’est un Personal Computer. Tu vois contrairement à vos moniteurs qui n’ont que la RAM nécessaire pour le cache, ce truc possède un disque dur et il est capable de stocker et de traiter de l’information. De mon temps, on avait tous des trucs comme ça, et puis sans qu’on y fasse attention, peu à peu, discrètement, tous les appareils sont devenus connectables au net. Ils se sont, comment dire, vidés de leur substance. En même temps, Boogle, un moteur de recherche de l’époque achetait tous les services possibles sur le web. Jusqu’au jour où grâce à la crise financière, il était devenu le seul et l’unique, l’omniscient, l’omnipotent. Alors profitant du chaos économique qui régnait et qui avait abattu la plupart des constructeurs de hardware, il a sorti son moniteur et sympathiquement stocké l’information pour nous. Il a révolutionné le web en créant son propre code et les vieilles machines ne pouvaient plus se connecter. C’est Boogle dans sa folie des grandeurs qui a fait en sorte que Barack Obama devienne président à vie, l’homme de la situation.
– Mais c’était comment avant ?
– Oh ! Ils étaient élus. On appelait ça la démocratie. C’est du grec, Dêmos le peuple et Kratos la puissance, la souveraineté. Mais laisse moi continuer. Au début Barack et Boogle n’avait pas grand chose en commun, si ce n’est du pouvoir. Quand on a du pouvoir, c’est comme une malédiction, on s’acharne à le conserver dans le pire des cas et à l’agrandir dans le meilleur.

Il crache. Un halo noir recouvre ma vue, je vacille.

– Pardon mon bézot. J’voulais pas t’effoucher, ni t’escofier. C’est à cause des autres menteux, y m’font folir. Attends, j’vais te préparer un p’tit canard.

Il m’allonge sur le lit. Je perds connaissance.

– Tu vas mieux ? Tiens, prends le canard !
Le calvados m’explose le palais mais je me réjouis de cette odeur familière. Je suis allongé sur le sol, il s’est rendu compte de son erreur. Je ne peux pas lui en vouloir, de son temps ce n’était pas comme ça et son temps il a commencé en 1959.
Je me remets doucement. Il a allumé son PC.

– Je continue ?
– Oui papi. Tu sais c’est juste que…
– Je sais, je sais… Alors… Ah oui. La crise financière amenait Obama à prendre des mesures radicales et à abolir les lois anti-trusts pour permettre la survie des plus forts. Boogle et lui marchaient maintenant main dans la main vers un avenir qu’ils nous promettaient radieux. Il faut dire que partout ailleurs c’était l’enfer. La Russie se décomposait dans une guerre civile dont les soubresauts atomiques faisaient vibrer la planète entière. L’Europe se voyait contrainte de devenir un deuxième Porto-Rico. Les délires d’Hugo Chavez, le président du Venezuela, déclenchait l’intervention des troupes US et le début d’une guerre permanente dans toute l’Amérique du Sud. Tu verras dans le livre comme c’est utile une guerre permanente. Ah ça y est, nous sommes en ligne.

Je regarde le moniteur du PC et y vois défiler des symboles bizarres.

– C’est quoi ?
– Oh c’est rien. C’est que mon PC ne peut pas lire le code Boogle, je passe en émulation VT-100 et je vais te montrer quelque chose qui va t’intéresser.
– VT-100 ?
– Hihihi. C’est trop compliqué à t’expliquer mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour pouvoir rentrer sur leurs serveurs. Tu vois Boogle nous interdit l’accès à certaines informations, mais il conserve tous les vieux trucs. Regarde ! C’est mon blog d’il y a trente ans.
– Un blog ?
– Regarde !

Ses yeux pétillent de jeunesse et il est fier comme un coq.
Je lis un texte relatant les impressions de papi à propos de l’élection de Barack Obama. Il y est question d’une guerre obscure entre le Hamas et Israël qu’on ne devait pas nommer guerre mais conflit asymétrique. De la conjonction des intérêts de la Chine et de l’Amérique qu’il nommait «chimérique».

– T’es eplapourdi ? Hein ?

Oui papi, je suis eplapourdi… J’aime bien qu’il parle son dialecte cauchois quand il est excité.

– Tiens ! Regarde maintenant ! Ça te rappelle rien ?

Je vois une page qui ressemble beaucoup à la page d’accueil de Boogle lorsque nous nous connectons, sauf que là c’est inscrit Facebook ???

– Que des vieux trucs. Tu vois moi aussi je parlais aux murs de mon temps sauf que maintenant je sais qu’ils ont des oreilles…

Murs, oreilles… Soudain je comprends et nous rions ensemble. Parler aux murs, écrire sur le wall

– Bon je déconnecte, j’ai peur qu’ils nous repèrent. Tu vois gamin, c’est de mon temps que ça a commencé ce merdier. On a rien vu venir… Si tu veux, tu peux utiliser mon PC pour rétablir la vérité, la justice. Moi j’suis trop vieux pour ça.
– On verra papi, on verra….
– Tu sais quoi, je vais me faire une petite sieste.
– T’as raison papi, t’as raison.

Je ferme la porte derrière moi et je me dirige vers le moniteur. On y annonce que le nouveau président à vie sera connu demain lors de l’ouverture du testament de Barack Obama. La normalité qui transpire de cette annonce me rassure. Je pense au monde caché du papi, au potentiel incroyablement dangereux et subversif de cette machine, ce PC bruyant…
Toujours pas de courriels…
C’est sans y penser vraiment que je clique sur le bouton «signaler un abus».

FIN

Dialecte normand du pays de Caux

Bézot : Enfant.
Effoucher : Effrayer
Escofier : Tuer
Menteux : Menteur
Folir : Devenir fou
Petit canard : sucre trempé dans du calvados
Eplapourdi : Ebahi

« Je pense depuis longtemps que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles et la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. Les horreurs auxquelles nous avons assisté, les horreurs encore plus abominables auxquelles nous allons maintenant assister, ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles ».

Georges BERNANOS

Merci à Laure Pouliquen pour m’avoir fait découvrir ce texte de Bernanos qui passe si bien avec mon propos.
À bientôt.
Thierry

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33 Commentaires

  1. edouard dit :

    J’espère que tu n’es pas trop prophétique…et visionnaire comme cet Orwell dont j’ai lu 4 fois le 1984 (3 fois en anglais dans le texte); mais je crains et je sais qu’objectivment ça craint. ça craint de porc sans salut, ça craint de cheval de Troye, crin pour se fabriquer des archets et violonner..mais l’action serait préférable. Encore une réussite, ce texte. Bravo moussaillon et au plaisir.
    .-= edouard´s last blog ..VERS SOMBRES V =-.

    • tby dit :

      @ Edouard : Je m’en voudrais d’etre un prophète. Ne serais-je pas alors épinglé sur un morceau de bois en forme de croix ? Orwell s’est trouvé visionnaire par défaut, pourquoi ? Simple parce que c’est dans les vieux pots que l’on fait la bonne soupe. Les recettes du petit père des peuples et de celui qui fit fureur un temps sont toujours reprises dans un come-back éternel et immuable. Elles sont tout juste repeintes. Amitié. Thierry

  2. sarah frane dit :

    oh zut, je ne sais où est passé mon com ??

    je disais :
    chez Thierry, c’est plein de labyrinthes,
    Thierry écrit tous terrains, tous azimuts
    chez Thierry, qu’est ce qu’on est bien!
    il est doué en informatique, pas moi, help pour mon blog !
    Thierry est un mec bien que j’aime d’amitié !

    bisous
    j’avais mis à peu près cela

  3. Jackie dit :

    En te lisant je pensais « il est génial » ! Ta nouvelle est un vrai outil de réflexion sur ce qui se passe, pourrait se passer. Un uppercut aux endormis ! (mais pas pour les assommer !)
    Je serais très heureuse de découvrir ton blog peaulithique, m’enrichir encore à te lire. Bonne journée Thierry, amitié.
    .-= Jackie´s last blog ..Volubilis =-.

    • tby dit :

      @ Jackie : Je rougis… Oui, ma nouvelle (mes ?) est un outil de reflexion, j’ai écris ce texte avant l’élection du sieur en question et lorsque je surfe un peu sur son nom à l’heure actuelle, il me provient beaucoup d’informations qui vont de la théorie de la conspiration en passant par des textes de loi qui pourraient peut-etre donner du corps à ce texte. Je suis en train de faire des recherches sur lui car le premier article de peaulithique lui sera destiné. Merci pour ton passage et amitié. Thierry

  4. Jeanne Fadosi dit :

    c’est sûr que cela pourrait évoluer comme cela mais je pense que la crise (et pas seulement économique) est bien trop profonde pour une survie de ce monde-là. Après, rien ne prédit qu’un autre monde serait meilleur.

    • tby dit :

      @ Jeanne : Merci de votre passage et de votre reflexion sur ce texte. Je ne peux qu’abonder dans votre sens en ce qui concerne la survie de ce monde là. À vrai dire mon seul souci est la durée de l’agonie et des combats inévitables qui y seront liés. Bien à vous et au plaisir de nos rencontres. THierry

  5. delphine alpin ricaud dit :

    J’ai adoré Thierry! On verra bien comment tout cela fini, mais on se reconnait tellement bien dans le Papi…c’est nous!!!
    .-= delphine alpin ricaud´s last blog ..LE SANG DES CHAINES de Patrick Fort =-.

    • tby dit :

      @ Delphine : Un grand sourire s’affiche sur ma face. Oui, nous sommes le papi. Serons-nous comme lui incapable d’influencer le cours des évènements ? Amitié et remerciement. THierry

  6. Guyot Olga dit :

    J’espère, mon ami que ton texte n’a rien de prophétique, il me glace un peu, le despotisme à nouveau au pouvoir ….
    Et notre vie balayée

    Sommes-nous encore capable de nous rebeller ???

    Amitiés
    Bises
    Olga

    • tby dit :

      @ Olga : Oui, ce texte est glacant. Il nous replace là où nous ne voudrions pas etre et où pourtant nous sommes, la place des pions sur un grand échiquier. La rebellion est toujours possible mais elle est liée avec le sang et les horreurs. La prévention ne serait-elle pas meilleure. Amitié. THierry

  7. Alejandra dit :

    Gilles avait laissé ton blog en onglet, je n’ai pas pu m’empêcher de commencer la lecture de ce texte… et ne l’ai lâché qu’à la fin.
    Un bon texte, désespérément prophétique ou prophétiquement désespérant… Mais tout se fait en douceur, à notre insu, avec notre pauvre consentement même.

    Bonne continuation.

    • tby dit :

      @ Alejandra : Merci pour cette phrase : Mais tout se fait en douceur, à notre insu, avec notre pauvre consentement même. Car elle est exactement le reflet de ma pensée. J’ai toujours adoré la biologie, les sciences naturelles de mon temps. Il est simple de comprendre la stratégie du banc de poisson ou du vol d’oiseaux. Inonder le prédateur de stimulis permet de créer la confusion en son esprit. Tu peux retourner le terme de prédateur en celui de proie et tu obtiendras exactement le meme résultat. Nous sommes inondés de stimulis en ce monde technologique, de la peur à la distraction en passant par les plaisirs les plus intenses. N’est-ce pas là la stratégie d’un prédateur ? Amitié. THierry

  8. Un avenir radieux. dit :

    […] la suite sur : Le blog de Thierry Benquey Url de l’article : Un avenir radieux.. Categories: Internet | Ajouter un […]

  9. Christian dit :

    Encore une fois, il y a de quoi rester « éplapourdi » par l’acuité et de ta plume, et de la portée de ce texte brillant qui ne peut que stimuler la réflexion. Il en faut si peu, déjà, oui, pour nous acheminer vers ce conditionnement sournois, aseptisé et sous (auto)contrôle (excellent, au passage, le texte de Bernanos, écrivain toujours à lire et relire). Assurément, on songe volontiers à ces nouveaux visages – sous un flou savamment entretenu – d’un Big (Bug) Brother en perspective. Perspective si bien suggérée par ta plume : « Booglisation » des esprits comme des états et du jeu politique,… et déjà, la question, qu’est-ce, et que sera le livre?… Les grandes manoeuvres, dans tout ce qu’elles ont d’opaque sous couvert de déluge informatif, semblent bien commencées… Rester vigilant, alors… mais même là,on se sentira encore si petit… On lira heureusement encore, « papis » que nous sommes ou serons, des textes qui s’y entendent pour donner à voir et à entendre comme les tiens, ici… Et ma foi, on ira bien volontiers saisir les embrasements du monde, de nos misères comme de nos espoirs sur ton blog « peaulithique »!
    Amitiés.

  10. pandora dit :

    Je me souviens de ce texte que j’avais lu à l’époque…
    Une sombre vision du futur, j’espère que tu n’as pas de don de voyance…
    Et un rappel douloureux vers certains moments pas glorieux du passé, où on dénonçait sa propre famille
    .-= pandora´s last blog ..Dialogue =-.

    • tby dit :

      @ Pandora : Voyance ? Avec ce que l’avenir nous prépare, je crois que je préfère fermer les yeux. Dénoncer sa famille, on ne dénonce pas son papi ou son père, on dénonce un déviant, un danger. Amitié. Thierry

  11. Lyam dit :

    J’aime beaucoup ce texte qui montre le glissement progressif des évènements, la démocratie devient despotique mais ne l’a-t’elle pas toujours été ? La différence se faisant par les hommes au titre de président !
    Comment un seul homme peut satisfaire une population si divisée, entre des pauvres et des riches il y aura forcément des laisser-pour-compte puisque nos intérêts ne sont pas les mêmes.
    C’est mission impossible à mon avis, il faut trouver autre chose au lieu de foncer tête baissée, accroché à notre sécurité vers un monde qui ne nous conviens pas à tous !
    Amitié.
    Bonne soirée
    .-= Lyam´s last blog ..Loose Yourself : libère toi ! =-.

    • tby dit :

      @ Lyam : Trouver un système idéal pour la planète est une mission impossible. Les seules formes de gouvernement qui ont duré des millénaires étaient basées sur le consensus, non sur la majorité et ce sont ces formes de gouvernement que nous avons exterminé pour cause de sauvagerie (en référence à civilisation). La tribu est le passé de l’homme, est-elle aussi son avenir ?
      Amitié
      Thierry

  12. Firgae dit :

    Bonsoir Thierry,

    Je découvre ce texte et vos commentaires avec plaisir: J´y vois de la « conscience agissante » qui permet de garder espoir pour un monde meilleur… Merci à vous.

    • tby dit :

      @ Firgae : Merci à vous de ce commentaire. Le monde meilleur devrait etre notre but et non pas le meilleur des mondes comme c’est le cas actuellement. Au plaisir. THierry

  13. qui lit encore Orwell ? qui par le geste rejoint la pensée ? penser le geste, acter jour après jour, j’apprends de jour en jour. et merci à toi, Thierry, de nous rappeler les infiniment petits qui, mis bout à bout, pourront peut-être de nouveau ressembler à un océan…
    .-= emmanuelle grangé´s last blog ..Berlin =-.

    • tby dit :

      @ Emmanuelle : Certains espèrent que mon texte n’est pas prophétique, moi j’espère que tes paroles le sont. Je t’embrasse. THierry

  14. dede dit :

    Bonsoir Thierry,

    Comme tu le précises, tu n’es pas doué en informatique; tu ne fais que maintenir la tête au-dessus du flot.
    Personnellement, je suis resté tellement longtemps en apnée, que j’ai bu une tasse mémorable.
    Il faudrait que papi m’apporte un gros canard, pour que je retrouve mon esprit.
    Quoique je ne l’ai pas totalement perdu, si ma modestie me permet de l’écrire.

    Je me fais une petite idée de ton blog « peaulithique », où j’aurai plaisir de me rendre, si ma pupille est reconnue comme admissiblement correct.

    Ton texte est magnifique, même s’il ne « nous » promet pas un avenir chaud et douillet.
    Je pense que je bénéficierai, en 2 039, d’une paix bien méritée.
    Mais, ne soyons pas égoïstes, et pensont à nos chers petits qui seront déjà pères, voire grand pères…je l’espère.
    La première fois que j’ai eu le bonheur de te lire, j’ai pensé que tu étais un auteur futuriste de talent.
    Ton style demeure très moderne et direct.
    Souvent sombres, tes textes n’en demeurent pas moins réalistes.
    Malheureusement, sans être devin, je pense que tu es proche de la vérité, car tu ne refuses pas d’admettre le naufrage du monde.
    Après la seconde guerre mondiale, tous les peuples de la planète disaient  » jamais…plus jamais çà ! « .
    Depuis…. il y a eu le Cambodge , le Rwanda, la Serbie, La Chine avec son timonier, l’URSS avec ses goulags.
    J’en oublie certainement.
    L’homme est capable du pire et du meilleur.
    Tu dénonces souvent le pire dans le comportement humain.
    De plus, il est vrai que les méthodes de destruction sont de plus en plus efficaces. Certains fanatiques trouveront bien une raison pour les utiliser.
    J’auculterai les problèmes liés aux pollutions qui participent aussi à un pessimisme généralisé non négligeable.
    Je pense que le nationalisme, ainsi que le fanatisme religieux sont des dangers pour la paix. Ceux-ci sont visibles en permanence dans le quotidien.
    Ce n’est donc pas encore l’heure d’une fraternité universelle.
    Les dirrigeants de certains états et religions, portent une grande responsabilité dans les causes de ce naufrage.
    Espérons que nous possèdions assez de canots de sauvetage pour singer le père Noé. Mais….pour aller où ?
    Le pouvoir d’un seul homme peut accélérer le processus de sabordage.
    Désobéir demeure alors, un acte de courage.
    Amitié.
    dédé.
    .-= dede´s last blog ..La cotelette du platrier =-.

    • tby dit :

      @ Dédé : Mon ami, seules certaines pensées me semblent incorrectes, comme l’intolérance, mais les pupilles sont toutes acceptées. Oui notre avenir n’a semble-t-il rien de radieux. Il faudrait un miracle pour que celà change et à part Jesus Bertrand, qui est mort depuis, je ne vois pas qui pourrait le réaliser… Le canot de sauvetage n’existe pas non plus, le seul sauvetage possible et admissible est une affaire d’éthique. Nous devons rester digne, non pas de la dignité d’un roi de Transsylvanie ou de Papouasie, de la dignité qui sied à chaque être humain. De celle du capitaine de navire restant sur le pont pendant le naufrage par exemple ? (rire)
      Oui, ta dernière phrase est juste, sachons désobéir si besoin est et que les moutons restent muselés pour ne pas manger les roses des petits princes.
      Amitié
      Thierry

  15. Sandy dit :

    Gloups, j’espère que ce texte n’est pas prémonitoire!
    1984… j’aime beaucoup cette référence ;-)

    Amitiés!
    .-= Sandy´s last blog .."Abattez les grands arbres"… pour aller plus loin … =-.

    • tby dit :

      @ Sandy : Oui, j’ai été marque par 1984, un livre politique qui pourtant reprend une notion essentielle chez l’humain : L’amour. Ce qui est rare sauf celui du pouvoir chez les politiques convenons en. Gandhi, oui, c’est le seul nom avec Orwell auquel je peux penser pour l’amour en politique. Amitié. Thierry

  16. Odile dit :

    Bonjour,

    Il est fort probable que tes prévisions soient … exactes .. mais une grande part importante de responsabilité nous incombe!

    Nous savons d’entrée de jeu .. que les dés sont pipés ..

    Alors nous nous allions … pour former des groupes de Résistance … qui partent en quenouilles .. car les administrateurs prennent rapidement la « grosse tête ».. et l’objectif initial est perdu de vue.. tout simplement parce que la majorité des membres inscrits sont des Bobos!-je ne sais pas si cela se dit !
    Un exemple dernièrement : un Jeune avait lancé un groupe .. pour une action de pique nique gratuit dans une marque de grandes surfaces pour refuser la vie chère …
    très bien .. et puis il y a une exigence massive .. de personnes qui revendiquaient de ne consommer sur place que du bio!Alors il y eut cette condition, d’imposer .. Franchement c’est honteux! C’est indécent au regard de celui ou celle qui n’a même pas de quoi s’acheter un bout de pain .. non ?
    Le Petit quinecomprenait pas pourquoi je m’étais désinscrite de son groupe et de celui de l’appel à la désobéissance civile .. t’explique naïvement .. qu’on ne lui a pas laissé le choix … il s’est fait tout simplement noyauté … par une minorité qui a imposé son dictat!
    Bien sûr que certain(e)s d’entre nous restent sincères…et luttent pour des causes qui sont injustes .. et le feront jusqu’à leur dernier souffle …
    Cependant le constat est là !
    Allez .. on les aura ..
    sourire
    odile

    PS j’ai laissé un commentaire sous ton dernier article de peau-lithique .. lundi ..

    • tby dit :

      @ Odile : Plus le temps passe, plus je me fais du souci quant à la réalité possible de ce texte. Remarque, je pense que cela serait mieux que Pallin et son gang. Je ne sais pas… Pour le reste de ton commentaire, il y a une solution : Appliquer les théories d’Hakim Bey sur les zones d’autonomie temporaire. La clef du succès tient dans le temporaire justement car ce qui désire durer est destiné à la dictature. Certaines de ses théories sont appliquées avec le succès qu’on leur connait comme les flash mobs par exemple. Tu trouveras Ô fidèle lectrice les nouvelles qui lui sont consacrées dans les triptyques sous le titre TAZ. Peaulithique, oui, je songeais à le détruire. Je vais y aller. Am hic allemand. Sourire. Thierry

  17. yannick dit :

    Salut Thierry, j’espère que le grippe est un mauvais souvenir pour toi et que tu vas bien.
    Je viens de lire pour la première fois « Fahrenheit 451 » de Bradbury et la lecture de ce roman m’a donné envie de relire « Un avenir radieux ». En effet, le roman raconte un monde futuriste où l’on brûle désormais les livres pour qu’il n’en reste plus afin que la société moderne continue de nager dans son bonheur perpétuel. En effet, pas besoin des livres et des drôles d’idées contradictoires qu’ils pourraient mettre dans la tête des gens. Les humains passent dans cette société-là leur temps à se distraire (télé, spectacle, cinéma) mais veulent réfléchir le moins possible sous peine d’être malheureux. Les références culturelles de ces gens-là sont les publicités qu’ils entendent à longueur de journée. Bien sur dans ce monde-là les Usa sont constamment en guerre avec le reste du monde. Mais le bonheur est à ce prix.
    Voila pourquoi ce roman m’a fortement fait penser à ta nouvelle. En effet, dans ta nouvelle, impossible de stocker les informations et les gens ne connaissent plus leur Histoire. Au nom d’un bonheur supposé pour le plus grand nombre, nous sommes prêts à accepter beaucoup de drames comme tu le dis si bien. Le texte de Bernanos est très fort. D’ailleurs à la fin le petit fils dénonce son grand-père.
    Voila si tu ne l’as déjà fait je te conseille la lecture de « Fahreinheit 451 » (écrit en 1985 je crois) qui préfigure tout ce qui nous arrive et risque de nous arriver dans le futur. L’écriture est forte et m’a fait penser à Philipp K Dick par moments par son côté prophétique et lucide.
    Miantenant pour finir je te dirais que les indignés de Wall Street avaient dès leur premier jour d’occupation crée une bibliothèque qui à la fin atteignait les 5000 livres. On y trouvait des livres de sciences humaines, des livres politiques mais aussi des romans de Bradbury l’auteur de « Fahreinheit 451 ». Quand la police a évacué le camp elle a saisi la bibliothèque et a brûlé la moitié des livres, confisquant les autres. Sale clin d’oeil du destin!
    Voila je te laisse sur ces informations et espère que bientôt tu nous donneras à lire d’autres textes d’anticipation ou de science-fiction, genres dans lesquels ta connaissance du monde et des humains fait merveille.
    Porte-toi bien.
    Amitié.

    Yannick

    • Thierry Benquey dit :

      @ Yannick : Bonjour mon ami. La grippe n’est toujours pas vaincue mais je suis en bonne voie pour prendre le dessus. Je fus un grand fan de Bradbury dont j’ai lu presque la totalité de l’œuvre, si j’utilise le passé, c’est que ces lectures remontent à au moins 30 ans. Si la source de mon inspiration fut plus « 1984 », « Fahrenheit » passe bien dans ce cadre du contrôle permanent et obsessionnel et d’ailleurs ton commentaire m’amène à comparer les deux livres qui finalement sont très proches l’un de l’autre. La déculture nécessaire au bonheur du peuple, la guerre permanente nécessaire à sa cohésion et la surveillance permanente nécessaire au maintien du modèle de société. Oui, empêchons les de penser et les moutons seront bien gardés. Il y a d’autres points de comparaison, le roman d’Orwell fut écrit en 1948 et évoquait le stalinisme alors que celui de Bradbury publié en 1953 évoquait le maccarthisme, deux système se combattant sans pitié au point d’utiliser les mêmes méthodes. Je ne savais pas pour les indignés de Wall Street et leur bibliothèque, mais les autodafés dont le sens premier est « acte de foi » sont légions dans l’histoire, certaines restent plus marquantes que d’autres, comme celles des nazis en 1933 ou des talibans, finalement la quantité des ouvrages brulés n’a que peu d’importance, comme le dernier cas de mars de cette année lorsqu’un pasteur cinglé et américain brulait un exemplaire du Coran. Ce qui compte, c’est le symbole. En brulant un livre on tente de bruler la pensée, les idées, ces graines qui se développent si bien dans le terreau fertile qu’est le cerveau humain laissé à l’état « naturel ».
      Merci pour ce retour de lecture passionnant Yannick et qui m’ouvre de nouvelles pistes de réflexion.
      Amitié.
      Thierry

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