Triptyque Esclavage – Avant-propos

Du 07 11 2015 § 2 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

esclave

Je vous propose un triptyque sur l’esclavage.

Celui d’hier par lequel nous allons commencer, une obligation morale pour moi, mes ancêtres maternels ayant fait fortune avec le commerce triangulaire. Celui d’aujourd’hui, car malgré l’abolition de l’esclavage tardif, il existe encore bien implanté en Mauritanie. Celui de demain, car nous sommes loin de pouvoir nous débarrasser d’une tradition peut-être aussi ancienne que notre «humanité».

Ci-dessous, la déclaration des droits de l’homme de 1789 qui sert bien mon propos, ma série la Lafayette se déroulant en 1795. En 1794, l’esclavage était officiellement aboli mais pas dans les colonies et il faudra attendre 1848, vous ne rêvez pas, un certain Victor Schoelcher pour que le décret d’abolition de l’esclavage entre en application.

Gardons son nom en mémoire, celui d’un homme vrai agissant en harmonie avec ses convictions :

Victor Schoelcher

Déclaration des droits de l’homme de 1789

Article premier – Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article 2 – Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Article 3 – Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article 4 – La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Article 5 – La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Article 6 – La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7 – Nul homme ne peut être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.

Article 8 – La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Article 9 – Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Article 10 – Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

Article 11 – La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Article 12 – La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

Article 13 – Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.

Article 14 – Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Article 15 – La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Article 16 – Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Article 17 – La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Image – Esclavage – Benkos Bioho – Licence :

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Page du triptyque de l’esclavage

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2 Commentaires

  1. dédé dit :

    Bonsoir Thierry,

    Oui, il est vrai que le docteur Victor Schoelcher était un grand homme pour les Africains, que ceux-ci honorent encore de nos jours. En Afrique de l’ouest, de nombreux dispensaires portent son nom.
    Homme tenace et de conviction, il a défendu le décret de l’abolition de l’esclavage.
    Merci de nous citer cet homme, dont le courage et l’humanisme ne font aucun doute.

    Amitié.
    dédé.

  2. Patrick dit :

    Témoignage essentiel et (re)mise au point nécessaire.
    Surtout ne pas oublier.
    Et user d’autant de piqures de rappel.
    Amitié.
    PAT

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