The Chief… Notes de l’auteur

Du 17 02 2015 § 7 Commentaires § Mots-clefs : , , , ,

Statue Indien vaincu Rapid City SD

The Chief…

Notes de l’auteur:

Ce texte est une version “soft” de la vie sur la réserve. Une version plus fidèle aurait été très volumineuse et surtout beaucoup plus dure. Cela reste une version blanche..

Une normalité comme celle de nos cités H.L.M avec une pointe d’horreur en plus, nous sommes aux États-Unis. Un ghetto américain presque classique, mis à part l’espace, la nature et le B.I.A (Bureau des affaires indiennes).

Les blancs ne comprennent pas, alors que la loi, “favorise” les indigènes qu’ils ne s’en sortent pas.
Ils comprendraient peut-être mieux, si les japonais avaient gagné la guerre, occupaient le pays, les parquaient dans des réserves, exposaient les restes de leurs ancêtres dans des musées, leur interdisaient pendant quelques décennies de pratiquer leur religions, de parler leur langue et ne leur laissaient qu’une et une seule alternative: Devenir japonais de culture, rester un sous-homme dans la couleur.

Les blancs ont raison! La loi actuelle favorise les “Natives”, les dépouilles des ancêtres doivent être rendues par les musées, la liberté de religion est une réalité, l’apprentissage de la langue est subventionné, un régime fiscal particulier est en place, depuis peu les “Natives” sont citoyens.
Il ne reste malgré tout qu’une seule et unique alternative: Devenir américain de culture ou d’aculture et rester un sous-homme dans la couleur.

Il reste des gens biens sur les réserves, malheureusement peu, souvent des vieux…
Un ami qui vit avec eux depuis plus de vingt ans résume ainsi:
“Sur la réserve, il y a beaucoup d’indiens et peu de Lakotas…”
Indien est un mot péjoratif aux USA, le respect s’exprimant en “Natives”. Lakotas c’est le nom qu’ils se donnent. Prononcer La Kro Ta.

Pour avoir une idée du temps qu’il faut pour marcher dans la réserve, il faut savoir que la Cheyenne River est grande comme 1 tiers de la Belgique, soit 11 051 km².

Sioux : Version française d’une expression algonquine « nadowe-is-iw-ug » qui signifierait « Ils sont petits ennemis ».
La rez : La réserve
Eugene Trousseau: Il y a beaucoup de nom de famille français sur la rez. Cela remonte à l’époque des trappeurs et des trading-posts. Le tout se prononce à l’anglaise.
Wasicu : Le blanc prononcer Oua chi tchu
Tatanka : Le bison mâle prononcer Ta tran ka
Tunkasila : Grand-père prononcer Tron ka chi la
La sauge : Artemisia Ludoviciana herbe odorante servant à la purification
La sweet grass, l’herbe douce : Hierochloe Odorata servant à la prière. Connue aussi, dans une bouteille de vodka polonaise.
Wanbli : comme Waterloo, l’aigle en Lakota
Wakan Tanka : Le grand mystère prononcer Oua Kran Tran ka, dieu pour les missionnaires.
Mni Wakan : prononcer mni (accent sur le m) oua Kran, l’eau mystère, l’alcool.

Image Thierry Benquey 2004 – licence :

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7 Commentaires

  1. lubesac dit :

    Avec une grande lucidité tu résumes la réalité!

  2. Odile dit :

    Tes notes sont très riches … de culture .. d’informations … et mettent en exergue… ton appartenance .. corps et âme … in vitam éternam …de ton coeur aussi ….

    C’est fabuleusement … extraordinaire !

    Sourire … sans ruse de sioux …

    Odile

  3. yannick dit :

    Salut Thierry,
    tu as encore réussi à m’embarquer. m’embarquer par la beauté de certaines phrases, par le drame de ta nouvelle et par la très bonne description imagée des jeunes de la réserve. je retrouve dans ce texte la fatalité des auteurs « natives » ou blancs américains qui parlent de la réserve et que m’a fait lire Patrick.
    le début est à l’unisson de beaucoup de ces romans, une cuite sévère, une dispute, la voiture qui veut plus avancer. puis on pénètre par petites touches dans le cerveau du héros et on apprend ses failles. puis la vie sur la réserve avec tous ces malheurs; et encore tu dis que tu as édulcoré. une phrase qui m’a marqué c’est que les jeunes veulent rouler avec les ferrari de leurs jeux vidéos, c’est très bien senti et on sent tout au long de ta nouvelle la connaissance et l’amour des natives.
    comme j’avais lu tous ces romans sur les indiens, je n’ai pas été surpris par ce que tu nous montres; mais chaque fois que je lisais un de ces romans je ne pouvais m’empêcher de penser au mal que l’homme blanc a fait à l’indien.
    je te conseille, si tu ne l’as déjà lu « a la grace de marseille », un livre qui raconte de façon romancée la vie du lakota oublié à Marseille par le wild west show, c’est trop bien comme roman. c’est patrick qui me l’avait prêté et c’est écrit par un native.
    la note de l’auteur est à l’unisson de la nouvelle, très bien.
    au plaisir de te lire
    Amitié

    yannick

    • tby dit :

      @ Yannick : Bonjour mon ami. Oui, une version édulcorée car la réalité sur la réserve est souvent pire que nos plus atroces cauchemars. Je n’ai pas lu à la grace de Marseille qui me semble très intéressant. J’ai toujours beaucoup de mal à trouver quelque qualité à Bill mais je reste fasciné par ce personnage. Merci de ta lecture précise et attentionnée. Amitié. Thierry

  4. Sandrine dit :

    Bonjour Thierry !

    Contente de te (re)lire !!!

    The chief est une nouvelle dure, que tu as écrite avec une économie de mots, ce qui souligne justement l’âpreté de l’existence d’une « minorité » sur ses propres terres.
    Je ne peux que songer aux générations ainsi perdues alors qu’elles ont tant à apprendre aux autres sans parler du simple droit d’exister.

    Décidément, la difficile égalité entre les hommes est une blessure ouverte qui ne connait aucune frontière, tant dans le temps que dans l’espace.

    Sur le sujet, je ne sais pas si tu connais le livre-témoignage de Dominic Rankin « On nous appelait les sauvages ».
    Fils de chef héréditaire algonquin, il y parle de l’envahissement du territoire, de l’intégration forcée avec des méthodes qui font frémir.

    Bonne journée et au plaisir de te lire !
    Je t’embrasse,

    Sandrine

    • Thierry Benquey dit :

      Bonjour Sandrine, je suis également très content de te relire. Je profite de ces vacances scolaires pour remettre mes textes à niveau, (mon orthographe s’est considérablement améliorée depuis que je travaille à l’école RIRE), les republier et pour les prochaines vacances faire une remise à niveau plus technique du blog. Le secret de cette nouvelle présence ? Ma fille est avec sa mère pour les vacances, ce qui me laisse du temps. Je ne suis plus très présent sur les réseaux sociaux, selon la terminologie actuelle et je le regrette mais le temps passe à une allure fantastique et j’ai eu de gros problèmes de santé qui sont en voie de s’améliorer, enfin je l’espère. Non je ne connais pas ce livre et je vais tenter de me le procurer. Je te remercie de ton passage et de ton commentaire et à bientôt sur les réseaux. Bises. Thierry

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