Station service Fin de l'épisode 1

Défilé de la croix rouge

Mes yeux ne rencontrent pas le bar. C’est incompréhensible ! Pourtant je tiens pour assuré, qu’en ces lieux, j’ai pris un café ; je reconnais les blouses blanches aux rayures orange que portent avec agrément les serveuses. Elles courent de table en table, échangent quelques mots avec les clients et leurs distribuent un frugal en-cas et quelques cachets !?
Je n’aperçois pas non plus Elodie. Pourtant, elle pourrait m’expliquer la singulière disparition du bar. Je vais me renseigner auprès de ses collègues.
« Je cherche Elodie, vous l’avez vu ?
– C’est une patiente ?
– Non, ce n’est pas une cliente, c’est la serveuse du bar !
– Ah…je vois ! Je suis nouvelle ici. Elodie, je ne la connais pas. »
– Il n’y a pas d’Elodie ici, me répond une autre.
– Elodie ! Encore Elodie ! Vous n’avez que ce prénom à la bouche ! Oubliez Elodie, elle n’existe que dans votre pensée dégénérée ! » me clame sévèrement une troisième.
Je tente une dernière fois auprès du petit rassemblement de femmes en blouse qui m’entoure. Mon téléphone portable sonne. Je le consulte. Sur l’écran s’affiche : « 12 messages en attente ». Je décroche :
« Sí sé, eso hace tres días que me espera en Cádiz
(Oui je sais, cela fait trois jours que tu m’attends à Cadiz)
– Allons, monsieur, soyez raisonnable, il est temps de nous suivre.
– Llego, no te preocupa. Más que un último pequeño problema que debe solucionarse.
(J’arrive, ne t’inquiète pas. Juste un dernier petit problème à régler.)
– Allez monsieur, lâchez cette chaussure et rechaussez-vous ! Venez maintenant, ne nous obligez pas à intervenir
– Elodie ?! Enfin ! Vous êtes bien Elodie, n’est-ce pas ?
– Restez calme, tout va bien se passer, je vous ai apporté aujourd’hui un joli cachet violet. Vous les préférez aux jaunes, n’est-ce pas ? C’est ce que vous m’aviez dit hier »
Elle relève la tête, la suavité de son sourire me bouleverse à nouveau, son regard déborde de désir. Je rapproche mes lèvres. Ma langue tournoie dans sa bouche…
Tout le monde s’agite autour de moi, se débat. Un sifflet strident résonne dans le hall, des hommes en blouse blanche accourent de toutes parts. Les clients s’affolent, crient, trépignent, m’encouragent de la voix, hurlent mon prénom.
« Vas-y ! Fais-lui la peau ! Butte-la, la belle gosse ! »
Des bras m’enlacent, me séparent vigoureusement du corps d’Elodie…
Le clapet du judas de la porte s’est ouvert. Un faisceau lumineux illumine la pièce. Une paire d’yeux apparaît. Ce ne sont pas ceux d’Elodie. Le volet se referme, la pièce retourne à sa demi-pénombre. J’entends les voix s’éloigner dans le couloir.
– Il n’y a pas grand-chose à espérer. C’est incurable.
– Après un tel choc, vous avez des nouvelles d’Elodie ?
– Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Elodie ? Il n’y a personne de ce nom là dans notre clinique psychiatrique.

(Fin de l’épisode I…)

Voici venir les liens vers le monstre. Je vous conseille en particulier la nouvelle «Daisy Nepsy» qui m’a accroché à ce Monsterjack. Découvrez son univers exquis et son amour des femmes… Oups, de la FEMME.

 

Pour lire la suite plus confortablement, Monsterjack sur Overblog : La station service – Episode 1 à 3

Pour découvrir son blog officiel sur Hautetfort : Sheela

Pour lire mon préféré : Daisy Nepsy

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Texte – Monsterjack – 2008 – © Tous droits réservés

Image – Utente:Jollyroger – 2006 – Licence :

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2 Commentaires

  1. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    L’auteur peu à peu fait glisser l’homme à femmes, dans la maladie mentale.
    De sa langue gourmande, ce dernier veut jouer avec les lèvres de l’infirmière. Très vite, les costauds en blouse blanche s’en emparent et le maitrisent.
    Le clapet du judas de la porte se ferme, sur la folie de cet homme.
    Le texte est très bien écrit, avec des moments de suspens et de flottement. A aucun moment, le lecteur ne s’ennuie.
    Bravo « Monsterjack.
    AmitiéS
    dédé.

  2. tby dit :

    @dédé: Merci Dédé pour ta lecture toujours aussi attentive. Thierry qui rentre cette nuit.

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