Le contraire 13

Du 16 02 2012 § Pas de commentaires § Mots-clefs : , , ,

Le contraire Village après l'orage

Des éclairs frappent tout autour de Tom qui hurle de terreur. Il est aveuglé par la lumière et se jette au sol.
Lorsqu’il ouvre les yeux, l’homme qui n’en est pas un se tient à ses côtés et le jauge du regard.
« Tu lui ressembles. » dit-il.
Il s’approche de notre ninja qui est paralysé par la peur. Il ferme les yeux, baisse la tête et pose ses mains sur celles de Tom.
Une paix profonde envahit alors notre petit bout d’homme.
« Tu dis que tu ne t’appelles pas Tom. Tu dis que tu ne m’as pas offensé ? Et pourtant, je te reconnais »”
La pression des mains se fait plus forte.
« Ah, je ne vois pas maintenant. Je ne vois pas dans tes souvenirs. Tu n’as pas changé et je ne suis pas satisfait. Tu peux rester »

Tom qui se sent merveilleusement bien aimerait en savoir plus.

« N’as-tu pas de nom ? »
« Heyoka emaciyapi sni ! »
Tom comprend ce langage étrange, il sait au fond de lui que cela signifie : « Il ne m’appelle pas Heyoka ! »
« Pourquoi n’as-tu pas tué la Fine des Fernand, l’année prochaine ? »
« Pour ne pas m’en nourrir… »
« Et l’arbre ? »
« Je ne mange pas de végétaux. »
« Pourquoi n’as-tu pas pris mes parents ? »
« Mais, je les ai pris Tom. C’est toi que je n’ai pas pris. Tu ne devais rien apprendre. Tu ne devais pas changer. Tu avais du respect pour moi, tu respectais tout sauf ta famille.. »
« Tu ne fais pas ça avec chaque enfant ? »
« Juste avec ceux qui ne m’offensent pas… »
« Je peux rester maintenant ? »

L’homme et la montagne disparaissent dans un éclair et Tom se retrouve dans la prairie noircie des Gerbot.
Il fait nuit maintenant, il rentre chez lui et la maison l’accueille d’un sourire. Il monte dans sa chambre, se met au lit et s’endort immédiatement.

Au matin, sa maman rentre dans la pièce.
« Tom, debout, il est dix heures ! J’espère que tu ne t’es pas enrhumé sous la pluie d’hier… »
Elle s’approche et lui dépose un baiser sur le front.
« Pas de fièvre, ouf ! Un enfant malade est amplement suffisant. Tu as repris ton doudou ? Tu as fait un cauchemar ? » dit-elle dans un sourire.

Tom ouvre les yeux, heureux de voir ce visage familier et aimant dans la clarté matinale.
« Bonjour Maman ! Je suis trop content de te voir. J’ai fait un cauchemar… »
« Trop content… En voilà une expression. Ton petit-déjeuner est prêt. »
Tom se jette littéralement sur sa mère et la couvre de baisers.
Elle rit et lui ordonne : « File ! »

Notre ninja va dans la salle de bain et s’observe longuement dans le miroir. Il y voit le visage de Tom, celui de tous les jours et cela le rend perplexe.
« C’était un rêve ? »
En allant dans la cuisine, il fait un crochet par la chambre de Jeanne. Elle dort et il dépose un baiser sur son front.
Le bol de chocolat fume, la même odeur depuis toujours.
« Rien n’a changé ? »

Ses nouveaux amis.

Tom est un peu déçu, il s’attendait à ce que tous reconnaissent son nouveau statut, à ce que son apparence ait changé, que le soleil brille la nuit peut-être ?

Son petit-déjeuner avalé, il sort.
Là-bas, sur le banc, est allongé le chat de Mémé Le…
« Le chat dont la mémé est madame Ledoux. » se souvient Tom en souriant.
Il s’approche doucement et Mémé Ledoux assiste à un miracle en regardant par la fenêtre. Elle voit son Félix se frotter plus que tendrement au petit monstre d’à côté…
Elle enlève ses lunettes, les nettoie puis les réajuste. Cette scène fantastique a disparu et son chat dort sur le banc.
Mémé Ledoux qui est une femme de bon sens se dit qu’elle avait eu une « a lu six nation » et s’en veut de s’être endormie hier devant la télévision quand justement ils en parlaient.

Tom est encore tout ému de ce contact merveilleux avec Félix. Il se dirige alors vers la ferme des Fernand.
Il siffle et Rex accourt. Le chien aboie gaiement et lui fait une fête formidable.
Tom passe un long moment à lui jeter des bâtons.
Il regrette de ne plus pouvoir discuter avec son ami. Il a encore tant de questions…
« Je reviendrai plus tard avec une balle. »

Tom met le cap vers la maison des Gerbot maintenant. Gerbot, la seule de ses victimes qu’il n’avait pu aider.
En passant près du tas de fumier, il y découvre le coq.
Tom entreprend alors quelques pas de danse. Cette danse de l’aigle des Hopis qu’il avait vue il y a peu avec son père.
Le coq l’observe attentivement mais ne réagit pas.
Tom est un peu triste, il ne sait plus vraiment ce qu’il doit croire. Était-ce un rêve ? Était-ce la réalité ?
Il continue son chemin quand il entend le coq chanter. Il se retourne et le voit les ailes ouvertes qui danse sur le tas de fumier.
Son cœur s’emballe alors et il court chez Gerbot.
Il frappe à la porte.

Madame Gerbot ouvre.
« Qu’est-ce que tu veux ? »
« Je voudrai voir Gerb… »

La dernière partie.

Texte – © 2008 Thierry Benquey – tous droits réservés :

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Image – Arc-en-ciel – Cecilia Bentroni – Licence :

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