L'autre rive…

Affiche de l'autre rive

Tu as quitté la côte depuis un bon moment, tu marches et t’émerveilles devant la beauté crue de la Bretagne. Tes pensées vagabondent au gré des vagues et du courant. Tu imagines ces hommes et ces femmes, rudes, qui triment à ramasser le goémon, le travail dans les champs, harassant et noble. Tu vois les sabots sur les pieds nus, les mains calleuses et les regards vrais.

Lorsque tu attaques la montée vers les monts, vers les landes, tu regardes les haies et chaque arbre te semble être la silhouette d’un ancien. Ils ne sourient pas mais lèvent la main lorsque tu les salues. Point de costume folklorique, on est pas dimanche.

Tu vois les rides sur les visages qui ressemblent tellement au grain du granit sur la plage. Tu vois les yeux pleins de la force de vie et tu leur souris.

Un instant, tu réalises que c’est la bruine qui te pousse à ce regard intérieur. Tu te tournes alors vers la mer pour voir les derniers recoins du bleu du ciel, les dernières touffes de lumière et tu t’enfonce vers l’intérieur. Tu fonds dans l’Argoat.

Tu marches dans la brume maintenant, la visibilité est réduite mais quelle importance, le regard du randonneur est pour le chemin, pas pour les «vastitudes». Parfois, les cailloux roulent sous ton pied et tu maudis cette perte d’énergie. Tu commences à fatiguer et tu regardes la carte plus souvent. « Encore vingt kilomètres. Quatre à cinq heures de marche. Bientôt, il fera sombre. »

La brume se fait plus épaisse et tu crois entendre des rires moqueurs, de petits bruits de grelots malins et des battements d’ailes semblables à celle des libellules. Derrière chaque branche moussue se cache un korrigan ou une fée. Tu es au cœur de la légende et ton armure a perdu tout son brillant. Faudrait voir à ne pas rencontrer l’Ankou, tu tends l’oreille, pas de carriole grinçante, pas de sabots qui frappent lourdement le sol. Ce sol si particulier que tes pas font vibrer comme s’il était traversé de galeries et de salles.

Parfois tu traverses la lande et ton horizon s’élargit mais au lieu d’éprouver de la joie à cette ouverture, tu te sens fragile et abandonné, laissé à la merci des mystères d’ici.
Tu reviens sous la protection des chênes, des châtaigniers et des bouleaux. Le sombre semble monter de la terre et tu aperçois une petite lumière fugitive dans les bas. As-tu vu un feu follet ou quelque esprit ?

Une route ! Des maisons aux volets clos, une ruine presque menaçante.
La lumière de nouveau, des rires et de la musique !

Alors tu quittes ton sentier et comme le papillon de nuit, tu ne vois plus que la lumière. La nuit qui s’étend semble craindre cet endroit, ce refuge. Laisse tes peurs moisir dans la noirceur, tu es arrivé sur l’autre rive.

Jardin de l'autre rive
La bâtisse de l'autre rive

«L’autre rive» est un endroit magique au milieu de nulle part, un café librairie à la campagne. Découvrez sans retenue cette oasis en plein cœur des monts d’Arrées, tout près d’Huelgoat, sur les terres de la commune de Berrien. Un lieu de culture et d’humanité, de chaleur et d’insouciance lové au creux d’un pays de légende. Une fenêtre sur le monde extérieur où vous pourrez vous connecter à l’internet, voir et acheter des ouvrages venus de tous les horizons, déguster des plats et des boissons, assister à un concert, trouver la paix dans la contemplation des œuvres qui y sont exposées et surtout, rencontrer les autres…

Coin café de l'autre rive
Coin internet de l'autre rive

J’ai découvert cette autre rive au hasard de mes pérégrinations en Bretagne et j’ai été séduit. En passionné de lecture, je ne pouvais qu’être conquis par les étagères emplies de livres. C’est une vue apte à satisfaire les sens du lecteur affamé que je suis.
Si vous passez dans les environs, n’hésitez pas à faire un détour, il sera bon pour vos yeux, votre âme, parfois vos oreilles et si l’envie y est, pour vos papilles.

Côté bar de l'autre rive
Exposition peinture à l'autre rive

N’hésitez pas à visiter leur site pour être informé de leur actualité.

L’autre rive

Amitié.
Thierry

L’autre rive
Café librairie
Restidiou Braz
29690 Berrien

La porte de l'autre rive

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16 Commentaires

  1. Patrick dit :

    Ah cher Thierry ! Quel plaisir de te lire à nouveau après cette pause estivale.
    « L’autre rive » est d’une sensibilité extraordinaire, émouvant et enchanteur. Je prends un plaisir immense à écouter ce que tu nous dis, à m’imprégner de ces mots subtils et magnifiques. Hymne à la nature, à cette terre mystérieuse de légendes, ton périple mélancolique te conduit dans cet eden réconfortant dont tu parles avec tant de passion. Un jour, nous nous y rencontrerons. parole de bigourdan.
    Amitié.
    PAT

  2. sara do dit :

    Franchement quel bonheur de lire ces lignes… moi qui aime tant la bretagne, j’ai retrouvé tout ce qui me touche à travers tes mots… Merci de ça, merci pour ça… et puis je découvre cet endroit que je ne connais pas et je me dis qu’il ferait bon prendre un thé là-bas…

    d’étoilement
    sara do

    pssss… je note l’adresse ;o)

    • tby dit :

      @sara do
      Merci Sara, moi aussi j’aime beaucoup la Bretagne et puis les Pyrénées aussi et puis la Corse et puis le Massif central, et puis…
      Lorsque je vivrai la-bas, si tout se passe comme je le souhaite, je t’accueillerai avec plaisir et nous irons boire un thé sur l’autre rive.
      Amitié
      Thierry

  3. milady write dit :

    sympathique balade! Merci du voyage ;-)

  4. quand j’étais enfant, nous partions en famille de Berlin à Châteauneuf-le-Faou,un périple vers l’Etranger ! ça sentait bon, là-bas sur la plage de Kerviguen, la marée qui remontait « comme un cheval au galop », la crème solaire de ma mère franco-russe, mes nattes pleines de sable, le soleil sur les jambes du frérot, mon père, ce héros au torse bombé… Comme sur ton Autre Rive… Merci.
    je l’avais bien dit, je te re re re embrasse.
    Emma

  5. un peu loin de notre bretagne à nous, qui sommes près de Combourg…Mais moins que l’Allemagne !

  6. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    Le texte débute par la description de cette nature bretonne. Le lecteur s’imprègne de l’ambiance légendaire de ce paysage, où, à chaque instant, un bruit ou un frémissement, attirent l’attention du promeneur pas très rassuré.
    La brume s’ouvre soudain sur une clairière; celle de « lautre rive ». Endroit merveilleux et magique, que le « café librairie » illumine par la chaleur, l’échange, la culture et la sagesse des hommes que l’on y trouvent.
    Lieu unique à découvrir, pour cet accueil humain devenue rare, de nos jours.
    Amitié.
    dédé.

  7. Odile dit :

    Moi qui suis bientôt en partance chez nous .. si j’ai le temps .. j’y ferai un pélerinage .. en t’emmenant .. sur l’autre rive …
    Sourire

    • tby dit :

      @ Odile : Tu feras bien, vas-y avec des amis, c’est toujours mieux de ne pas etre seul sur un ile. Je t’y retrouverai avec plaisir des que possible, on pourra causer alors.

  8. Odile dit :

    Je souris … car pour l’heure .. c’était pour t’envoyer une bouffée …d’oxygène …de chez nous .. je ne suis pas aussi audacieuse .. ta perspective …est tentante …
    Je ne serais pas seule .. car mes amis… les livres.. seront là ..
    si je me souviens … il y a des chambres d’hôtes ravissantes .. les Glycines .. je crois …

    • tby dit :

      @ Odile : Drole d’idée que de voir des amis dans les livres, enfin c’est vrai qu’ils nous parlent, mais je crains qu’ils ne possèdent pas le don d’écouter. Sourire. Thierry

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