La bête. (4)

Du 20 10 2008 § 8 Commentaires § Mots-clefs : , ,

Apocalypse

A l’ouest…

On sonne à la porte, mon garde du corps s’empresse d’aller ouvrir, non sans jeter un coup d’œil aux moniteurs de l’entrée.
Je me sens en sécurité avec ces anciens du GIGN.

La porte s’ouvre sur la groupie et son accompagnateur.
Il est jeune, svelte et beau.
Un adonis…

Je sens mon sexe se durcir et je suis de nouveau troublé.
Est-il possible que la vue de ce jeune homme m’excite plus que celle de la jeune fille ?
Ils entrent, la belle semble quelque peu impressionnée. Le beau lui semble à l’aise, il me sourit et ce sourire me fait fondre.
Je m’astreins à reprendre le contrôle et croise les jambes pour masquer l’obscène excroissance.

« – Entrez, soyez les bienvenus.
– Monsieur, puis-je me permettre de vous laisser ?
– Mais vous venez à peine d’arriver mon ami. Prenez un verre avec nous.
– C’est que je suis en service…
– Que diable le service. C’est une invitation du prochain président de la République. Croyez-vous que j’irai vous dénoncer ? »

Il sourit et je fonds de nouveau.
Je ne peux plus quitter du regard sa chemise qui me laisse deviner ses abdominaux par transparence. Je remarque sa gêne et je me tourne vers la demoiselle.

« – Bonsoir, comment est-ce que tu t’appelles ?
– Sylvie.
– Tu veux boire quelque chose ?
– Oui, je veux bien une vodka.
– Et tu as bien dix-huit ans pour boire de l’alcool ? »
Elle me regarde interdite, sachant déjà que mon propos était de la baiser.
« – Je plaisante bien sûr.
– Et vous jeune homme ?
– Je prendrai volontiers un verre de vin, merci Monsieur.
– Rouge ou blanc ?
– Rouge merci. »

Je fais signe pour qu’on nous apporte les boissons.

« – Comment vous appelez vous ?
– Romain Monsieur.
– Cher Romain, restez avec nous ce soir. Nous allons dîner ensemble et puis nous amuser. »
Disant cela, je pose ma main sur sa cuisse. Un réflexe de la sienne bien vite réprimé.
Il me regarde en rougissant. Il est perdu, ne sachant que faire face à un homme qui est appelé à devenir le prochain président.

Après un excellent repas bien arrosé, Romain et Sylvie sont dans ma chambre. Elle est belle cette petite fleur et Romain n’a d’yeux que pour elle.
Moi je n’ai d’yeux que pour lui.
La lumière s’éteint et là, commence la sarabande des corps. Dans les gémissements et les baisers, nous nous élevons à des altitudes que je n’avais jamais atteinte. Des feux d’artifice de jouissance me transportent dans des dimensions inconnues. Et c’est repus qu’ils s’endorment enlacés. Et c’est repu que je me découvre Pédé…

A l’est…

« – Entrez Dragomir, entrez !
– Merci Archimandrite, je voulais m’excuser pour l’heure tardive et mon insistance.
– Voyons Dragomir, cette affaire est d’une extrême priorité. Parlez !
– Tout d’abord, la femme se trouve être les femmes.
– Pardon ?
– Nous sommes certain à cent pour cent de les avoir identifié et il s’agit de deux sœurs jumelles. L’une d’elle est déjà entre nos mains et se trouve en Roumanie. Pour l’autre, cela devrait être plus difficile car elle vit aux USA et si un enlèvement y est plutôt simple, le transfert devrait s’avérer plus complexe.
– Des jumelles ? Extraordinaire ! Il me faut en référer.
– Ne sachant laquelle est la bonne, je vous propose de ramener les deux.
– Excellente idée qui nous fera gagner un temps considérable. Comment sont-elles ?
– Deux petites tsiganes de seize ans.
– Seize ans ? Mon dieu !
– Cela pose-t-il un problème ?
– Non, non ! Continuez !
– Pour l’américaine, nous devrions la faire passer par le Canada, la frontière est perméable et il sera plus facile de la rapatrier de là-bas. De plus notre communauté est plus importante au nord.
– Bien et l’homme ?
– Cet homme est tellement avide d’image que nous l’avons identifié très rapidement. C’est un candidat à la présidence de la République française. Pour lui nous avons élaboré un plan que je me dois de soumettre à votre approbation.
– Vous me faites peur…
– Nous pensons qu’il est préférable d’attendre le soir des élections, ce qui nous laisse le temps de préparer l’enlèvement. De plus les forces de la police française seront mobilisées pour gérer l’événement et nous voulons simuler une attaque terroriste pour faire diversion. Dans la panique, cela sera alors un jeu d’enfant que de s’occuper des gardes du corps et de s’emparer de la cible.
– Combien de victimes ?
– Mon évaluation suite à nos plans est de plusieurs centaines.
– Que sa volonté soit faite.
– C’est à dire ?
– Procédez sans vous préoccuper. Votre mission est sainte et votre place au paradis est assurée.
– Merci Archimandrite. Vous m’ôtez un grand poids. Merci.
– Mettez-vous au travail Dragomir, nous voulons que ces trois personnes se trouvent ici dans les plus brefs délais. »

Dragomir s’éloigne l’air songeur. Il doit penser à l’étrangeté de la situation, un dignitaire de l’église lui donnant l’absolution alors qu’il prépare un massacre.

Les signes des cavaliers, partout les signes des cavaliers, même dans les plans de Dragomir, même dans le cancer qui me ronge.

J’appelle mon secrétaire sur l’interphone.
« – Mon fils. Rejoignez-moi dans mon bureau ! Je voudrai vous dicter quelques lettres qui devront être codées.
– Bien, je viens avec la machine. Quels sont les codes qui seront utilisés ?
– Celui du Patriarche, celui de Rome, ceux de chacune des églises d’Asie et enfin ceux destinés au grand Moufti saoudien et aux ayatollahs. »

Image – Four Horsemen of Apocalypse, by Viktor Vasnetsov. Painted in 1887. – John Petrov – Licence :

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8 Commentaires

  1. lubesac dit :

    Tu m’as bien fait rire Thierry!
    Sur fond de thriller politique, des évasions vers un coté plus « terrestre » qui viennent mettre du piment!

  2. Patrick dit :

    Tu nous mènes par le bout du nez et c’est génial ! Quel talent de narrateur !
    des religieux comploteurs pour dénoncer l’intégrisme, un politicien cynique et dépravé auquel on a envie de balancer des gifles…je cherche désespérément une lueur dans cette noirceur…
    merci.
    Amitié.
    PAT

  3. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    La valeur d’un président est d’aimer les hommes. Mais ce dernier porte pour eux, un amour un peu trop précis dans sa sexualité ( est ce que Thierry est visionnaire ? ). Oui, le président prend son pied avec la gente masculine.

    A l’Est, rien ne va plus… et le terrorisme se prépare. Il faut tout d’abord récupérer la paire de jumelles, avant d’enlever le futur président.

    L’auteur nous emporte avec talent, dans cette aventure, avec un suspens qui ne permet aucune visibilité sur les faits futurs… même avec des jumelles.
    Amitié.
    dédé.

  4. Odile dit :

    Quel parallélisme surprenant …

    La découverte du futur président … qui se r’Eve elle être… un Poivre d’Arvor … c’est épicé .. à souhait …

    et le remake de la croisade des religions … version moderne …
    un vrai compte de faits que se mouve … cauchemar !

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