La bête. (15)

Du 28 10 2008 § 5 Commentaires § Mots-clefs : , ,

Facundus

A l’est, monastère du patriarche…

« – Une semaine que nous sommes ici et toujours rien. Vous êtes certain que cette tisane produit de l’effet ?
– Sûr et certain Archimandrite. Il se masturbe tous les jours et parfois plusieurs fois par jour. J’y vois la preuve de l’efficacité de nos herbes sur un homme de son âge.
– Plusieurs fois par jour ? En effet… Qu’est ce qui ne marche pas alors ?
– C’est que cette tisane est pour les hommes.
– Pardon ? Et vous me dites ça alors que nous sommes ici depuis dix jours ?
– Vous ne m’avez pas posé la question Archimandrite. Je suis désolé, je n’ai pas pensé à vous informer.
– Vous avez raison. J’aurai dû vous demander. Pardonnez ma colère mais je n’ai jamais été marié.
– Allez voir l’higoumène des sœurs et demandez lui si elle peut aider. Il faut qu’il chevauche les petites. »

Je vois le moine rougir et je lui fais signe de se retirer. Je pense aux mots que je viens de prononcer, à leur sens. C’est vrai qu’elles sont petites, encore des enfants. Après les morts en France, ça ! Les épreuves que tu nous imposent sont dures Seigneur. Aide-moi à me montrer digne de toi.

A l’est, ambassade de France…

« – J’en ai assez d’attendre. Il me faut de l’action moi ! C’est pas comme toi avec ta formation de flic, t’es habituée à attendre.
– Remy tu commences à faire chier avec tes réflexions à la con. Tu crois que je ne préférerai pas rentrer chez moi, reprendre la routine à Interpol et m’occuper de criminels normaux, des brutes sanguinaires qui ne se cachent pas dans des monastères dans un pays où on ne mange que du chou ? Le président serbe se donne beaucoup de mal pour nous. Les intérêts en jeu sont considérable. Il en va de son poste et de la réputation de la France. Alors tes poussées hormonales, tu peux te les mettre où je pense.

J’éclate de rire.

– Poussées hormonales. T’en sors des trucs toi…
– Mademoiselle Laroche ?”
– Oui ?
– Le président voudrait vous voir en privé.
– Je viens tout de suite. Tu vois Remy les choses bougent. »

A l’ouest, cellule de crise de l’Elysée…

« – Le point de la situation ! En Serbie, évolution néant. Par contre la piste perse se confirme. Un des attaquants de la place Beauvau a été identifié comme un militant du Hezbollah. Nous avons pris contact avec le Mossad pour avoir confirmation et je viens de recevoir le message. Le président veut rentrer en contact avec le gouvernement israélien pour envisager des représailles au Liban et il a chargé notre ambassadeur à Téhéran de prendre contact avec le gouvernement local afin de leur expliquer clairement avec quel sérieux la France envisage la situation. Bon, je dois avouer que l’Iran est intouchable mais pas ces teignes du Hezbollah. Je propose que nous jetions la piste iranienne à la presse, certains commencent à se poser des questions sur la présence de nos deux agents dans l’entourage du président serbe. Les informations transpirent dans la presse serbe et leur président à du mal à bâillonner celle-ci.
– Monsieur le ministre. Pardonnez mon intrusion mais je viens de recevoir une information capitale.
– De quoi s’agit-il ?
– Mademoiselle Laroche nous fait parvenir des textes codés qui ont été émis du monastère impliqué. Ils n’ont pas été décodés mais leurs destinataires sont connus.
– Ah bon ? Qui sont-ils ?
– Vous n’allez pas me croire… Le Pape à Rome, les chefs religieux des églises orthodoxes du monde entier, le grand Moufti saoudien et l’ayatollah Khamenei.
– Khamenei et les serbes… L’Iran et les serbes… Le Pape… J’ai du mal à saisir la relation. Faites-moi décoder tout cela et si nos services n’y arrive pas dans vingt quatre heures, envoyez le paquet aux américains. »

A l’est, au monastère du patriarche…

« – Bien sûr mon frère que nous avons ce genre de tisane dans nos livres. Attendez ! Laissez-moi voir. Tiens, celle-là par exemple. Ah non, ce n’est plus la saison pour le composant principal. Celle-ci ! Parfait. Elle favorise en plus l’ovulation. C’est une vieille recette croate pour les femmes frigides. Je pense qu’elle devrait faire l’affaire.
– Ah merci, soyez bénie ma sœur. »

A l’est, dans l’appartement…

Je ne peux plus tenir. Quand je les regarde je me vois comme le coyote regardant le bip-bip, la bave aux lèvres.
La masturbation ne me satisfait plus et j’ai mal aux couilles.
Mon sens de l’odorat s’est développé d’une manière incroyable. Je sens leur féminité, je sens les hormones dans ces corps pubères.
Je voudrai hurler mais j’ai peur de leur faire peur.
Je ne comprends pas ce qui se passe avec moi et je suis certain qu’ils me droguent. Mais pourquoi faire de moi une bête assoiffée de sexe.
Un genre de loup-garou de la partouze…

Le pire c’est que j’ai réussi à amadouer l’américaine et que nous parlons beaucoup ensemble. Nous sommes très proche maintenant, tous les trois. Zora dit tout le temps que c’est la volonté de Dieu, que c’est le moine qui lui a dit. Sophia qui est aussi plutôt bigote abonde depuis peu dans son sens. Surtout depuis que des sœurs sont apparues dans notre univers. L’une d’elle parle anglais.
Les nonnes laissent mon sexe au repos, elles sont toutes vieilles et je ne sens pas d’hormones lorsqu’elles viennent.
Je voudrai hurler et les prendre, les déchirer. Il me reste juste assez d’humanité pour me retenir mais combien de temps encore ?

Image – La Femme et le Dragon. Le Diable enchaîné en Enfer – Licence :

Domaine public

Bouton lire la suite

{lang: 'fr'}

5 Commentaires

  1. Patrick dit :

    Je pressens ce qu’est « la bête ». Tu nous donnes des indications dans cette 15ème partie…
    le mystère s’épaissit pourtant, des interrogations surgissent et je me demande où tu vas bien nous conduire. je suis sûr que tu te marres du tour que tu es train de nous jouer. Quand on maîtrise son écriture comme toi, c’est un réel bonheur que d’avoir une telle emprise sur ses pôoovres lecteurs… Non ?
    Amitié.
    PAt

  2. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    A l’Est, les moines manipulent avec connaissance les potions magiques, pour éveiller les sens.
    Le président que l’on peut nommer  » le grand masturbateur  » ( comme le superbe tableau de maître Dali ),ne peut plus contenir ses instincts de bête en rut. Il est prêt à franchir la ligne blanche… de la pédophilie.
    Un peu désemparé, le lecteur ne comprend plus la démarche des ravisseurs, dont la politique glisse peu à peu vers le sexe.
    Diaboliquement, l’auteur détient la clé de l’énigme. Le lecteur ne peut vraiment pas anticiper sur le futur de cette histoire politico-fessière.
    Le mystère demeure total.
    Amitié.
    dédé.

    P.S., Dans le cas où tu connaîtrais la formule de cette  » potion..ouvre appétit « , nous serions interressés , mon épouse et moi, pour la tester ! merci.

  3. tby dit :

    @dédé: Rire – Merci Dédé pour ce commentaire ironique et hilarant du lundi matin. J’ai apprécié mais je dois te décevoir, cet écrit est une fiction qui rime peut etre avec potion mais je n’en ai pas la recette
    Amitié
    Thierry

  4. Odile dit :

    quand les ordres .. sont de donner l’ordre .. de satisfaire ses sens .. à tous prix .. cela peut être sympathique ..
    Notre super Héros …. deviendra-t-il le Roi de la masturbation … ou laissera-t-il libre cours .. à son rut constant ?
    j’opterais pour la 2ème solution …

    Quand aux fameuses recettes aphrodisiaques .. je souris … cela me rappelle une anexdocte .. avec de mes Compagnons d’alcôve .. qui s’intéressant aux bienfaits de la thérapie des plantes chinoises .. en avait saupoudré .. tous ses plats .. pour me faire le grand jeu … et je m’en réjouissais bien sûr .. d’autant qu’il est un merveilleux amant …
    hé bien ce jour là … ce fut une débandade mémorable .. on en rit maintenant .. 20 ans après… mais sur l’instant non .. je ne sais pas pourquoi … rire …

    • tby dit :

      @ Odile : Ahahah, merci pour la délicieuse anecdote qui me rappelle quelque chose de comparable que j’ai vécu personnellement. Dans mon cas il s’agissait de rhum avec le fameux boisbandé antillais qui est censé être un aphrodisiaque puissant. C’est possible… Mais le rhum dans mon cas fut le plus fort. Rire.

Laisser quelques mots