La bête. (13)

Du 27 10 2008 § 5 Commentaires § Mots-clefs : , ,

Icone de saint Arsenije

A l’est, dans les locaux de l’ambassade de France de Belgrade…

« – Jean Remy ?
– Oui.
– C’est moi ! La ligne est sûre ?
– Oui. Nous revenons du palais présidentiel et le Président nous a dit que ses services étaient à notre disposition pour nos recherches. Il m’a même confié l’autorité sur l’une de ses unités d’élite.
– Parfait. Mademoiselle Laroche ?
– Oh, lorsque nous lui avons annoncé que sa coopération verrait la France appuyer de tout son poids le dossier de candidature à l’entrée dans la communauté, il lui a proposé un bureau au ministère de l’intérieur et son secrétaire personnel. Elle a la haute main sur les services de police. Il projette une grande épuration des milieux nationalistes suite à notre opération.
– Bien. Nous vous envoyons une équipe avec nos consignes. Vos recherches doivent se concentrer sur les nationalistes et sur un monastère mais nous ne savons pas lequel. Vous allez concentrer vos efforts sur un groupe qui se nomme l’Obraz et le Président par intérim souhaite l’anéantissement de la garde du Tsar Lazar.
– Que dois-je comprendre par anéantissement ?
– Dites-moi Remy, votre dossier fait état d’excellents résultats scolaires et universitaires. Je ne vais pas vous faire un dessin pour vous expliquer un mot de la langue de Voltaire.
– Bien.
– Attention ! Coordonnez impérativement votre action avec le travail de Mademoiselle Laroche. Sitôt que le lieu de séquestration est connu, faites le ménage. »

A l’est, au ministère de l’intérieur…

« – Dites-moi, Monsieur le ministre ?
– Oui, puis-je vous être utile Mademoiselle Laroche ?
– Mes services me communique un nom, un certain Bojan des gardes du Tsar Lazar, ce nom vous évoque-t-il quelque chose ?
– La garde, oui, un groupe paramilitaire bien connu. Bojan ? C’est un prénom courant, vous avez des précisions ?
– C’est un nom de code. Nous interrogeons notre informateur à l’heure qu’il est et les informations me parviennent peu à peu. Vous faites suivre ces gens ?
– S’ils ont une certaine responsabilité au sein de leur organisation oui.
– Parfait. Je passe par l’ambassade et je reviens avec l’arbre généalogique de notre homme.
– Arbre gén…
– Je plaisantais. Son patronyme si vous préférez. «

A l’est encore…

Les deux petites se sont endormies. J’ai la tête lourde.
Ils nous ont drogué ?
Je relève la jupe de ma petite Zora et je renifle les effluves nacrées qui proviennent de sa culotte.
Depuis que je me suis masturbé pour donner mon sperme, une nouvelle jeunesse s’est emparée de moi. Je bande à n’en plus finir et le contact physique avec mes deux amies se révèle pénible. Je ne suis plus que désir et leur parfum est une invitation au sexe. Je suis en rut.

Je suis tenté un instant de baisser cette culotte et de me laisser aller mais le souvenir de ces quelques jours magnifiques pendant lesquels j’étais le papa, le protecteur, l’unique m’empêche de céder à ma nature.
Ma nature ?
Je me croyais homosexuel depuis quelques temps.
Cette érection quasi permanente n’est elle pas le résultat d’une drogue dans la nourriture ?
Mes yeux se ferment. Je m’affale sur le lit et tout s’assombrit.

A l’est, devant les portes du monastère…

« – Archimandrite !
– Oui, ne crie pas comme cela. Qu’est-ce qu’il y a ?
– Un appel de l’un des nôtres au ministère de l’intérieur. Le gouvernement coopère sans retenue avec les français. Dans quelques heures ils sauront pour le monastère. Le bras droit de Bojan collabore avec eux.
– Bojan ! Bojan ! Sois maudit ! Nos invités ?
– Ils dorment.
– Bien ! Préparez les au transport. Avec douceur.
– Archimandrite ?
– Oui, quoi encore ?
– Les plaques du camion… C’est un camion du Kosovo ?
– Oui et alors ?
– Et ceux là ? Ce sont des turcs ? Des albanais ?
– Ce sont des croyants, ce sont de vrais croyants.
– Mais…
– Moinillon, tu sais bien que les voies du Seigneur sont impénétrables. Va ! Prépare nos invités pour le voyage. Ce soir nous dormirons dans le berceau de notre chère église de Serbie, dans la matrice de notre nation ! Va ! »

A l’ouest, cellule de crise de l’Elysée…

« – Allo ? Je voudrai parler avec Mademoiselle Laroche.
– Je vous la passe.
– Laroche !
– Mademoiselle, vous avez de quoi noter ?
– Un instant… Oui.
– Alors ce Bojan est un certain Aleksandar Bojan Misic. Alek Sandar M I S I C.
– Merci. Je retourne chez nos collègues serbes. »

Image – Saint Arsenije I Sremac – 14/15. Century – – Licence :

Domaine public

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5 Commentaires

  1. Patrick dit :

    L’intrigue est intenable et me plonge dans une nervosité que tu n’imagines.
    c’est ça le talent des grands conteurs…une question : écris-tu au fur et à mesure ou avais-tu un plan de départ ?
    je suis impressionné…
    amitié.
    PAT
    PS : Superbes photos !

  2. tby dit :

    Salut Patrick.
    Avec mon problème de base de données, je ne peux que répondre aux commentaires lorsque je suis sur l’article. Implique que mes réponses vont se faire rares.
    Je n’ai pas de plan au départ, c’est ce qui me fait peur de tenter l’aventure du roman. Au début, il y a l’idée, elle murit dans mon esprit et puis commence à intervenir dans mes nuits. La bete par exemple m’a couté deux nuits de sommeil. C’est quand je m’allonge pour dormir que se révèle à moi le plan et le reste. Lorsque je suis pris par le sujet comme dans ce cas de figure je passe des nuits à retourner les idées aussi bien que mon corps dans le lit. Au matin, je me précipite vers l’ordi et là c’est comme un fleuve. J’écris donc au fur et à mesure, laisse un jour ou quelques heures entre la rédaction et la publication et entre les deux, une relecture. Je suis en quelque sorte, un possédé de l’écriture. (rire)
    Amitié
    Thierry

  3. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    Le président oublie son homosexualité, en devenant une bête de sexe, qui demeure continuellement en rut, attiré par la petite culotte d’une des jumelles.
    Alors que le lecteur se laisse mener dans l’intrigue, l’auteur dompte cette situation de crise…avec talent.
    Amitié.
    dédé.

  4. Odile dit :

    ah .. quand Dame nature reprend ses droits …. et pourtant il s’abstient …

    tu n’était pas à l’ouest pour le dialogue derrière les portes dumonastère .. je te soupçonne même .. d’avoir eu un certain plaisir .. à l’écrire …

    Notre super fliquette sera-telle déjoué le complot ? Intrigue .. quand tu nous tiens .. haha

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