L'affranchi.

Du 22 07 2008 § 14 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

Chaîne rouillée dans le sable

« Bolikoro ! Bolikoro ! Réveille-toi ! »

La voix grêle d’Aïcha me tire d’un rêve merveilleux.

Je marchais sur l’eau et j’atteignais enfin ces îles du Cap-Cert qui me fascinent tant depuis mon enfance.

La voix de la petite me ramène à Tiquilit, non loin de Nouakchott. De ma case, j’entends aussi la mer, l’océan sans frontières et sans maître. Celui qui me nargue depuis ma naissance en faisant étalage de sa liberté.

Je me lève péniblement, l’humidité de la nuit ayant marqué mes vieux os.
Aïcha a disparu mais j’entends son rire d’oiseau éclairer les chemins du village. J’aime cette petite comme si elle était ma fille.

Ma toilette faite, je présente le dos à l’océan moqueur pour me tourner vers l’immensité de l’Afrique et accomplir ma prière matinale. Mon esprit survole les beautés cruelles du désert pour se diriger vers la pierre noire, ce joyau de l’humanité, cette lumière dans la nuit.

Quand je vois mes paumes, je vois celles d’un Beydane et la prière finie, quand je vois ces vieilles mains s’agiter pour préparer le déjeuner, je vois celles de l’Abiid, d’un noir lustré presque bleu.

Je me dirige vers la maison du maître pour superviser le bon déroulement de la journée de travail qui s’annonce.
Je suis important maintenant, pas comme jadis lorsque je me devais d’accomplir les plus dur travaux. Je suis le chef d’orchestre des esclaves du maître et je m’applique à éviter les fausses notes qui pourraient ruiner l’harmonie qui se doit de régner ici.
C’est une fonction honorifique, chacun sachant ce qu’il a à faire. C’est par respect pour mon âge, pour cette vie passée à servir.

Je ne me plains pas, le maître est bon avec nous. Jamais il n’a séparé des familles ou vendu des enfants.
Quand parfois nous allons à Nouakchott et que je vois le désespoir qui règne dans la Kebba, je me dis que nous avons de la chance.
La Kebba, le dépotoir, l’anti-chambre de l’enfer où finissent les Wolofs comme moi, les «Jaams» qui sont libérés par leur maître.

Nous parlons souvent avec le maître de cette loi de 1981 qui abolit l’esclavage dans notre pays. Il m’évoque les difficultés de l’application de ce principe généreux et nous parlons de ces européens qui se mêlent des affaires de la Mauritanie sans y avoir jamais mis les pieds. Ils ne savent rien des relations complexes qui nous unissent. Ils veulent voir l’esclavage aboli mais ne se préoccupent pas du sort des Haratine, des affranchis.

Que nous crevions leur importe peu pourvu que nous crevions libres.

La belle Fatoumatou me fait signe. Il y a vingt ans, j’aurai couru à son appel. Il y a vingt ans, elle n’était qu’un bébé beuglant dans le boubou de sa mère.

« Bolikoro, le maître veut te parler. Il est dans son bureau. »

Je pénètre dans la pièce pour y voir un homme en uniforme de gendarme qui prend congé de mon maître. Celui-ci semble contrarié et me fait signe de prendre place sur un siège. Mon cœur se serre. Jamais je ne m’étais assis en sa présence.

« – Bolikoro ! Tu as vu cet homme qui vient de partir ?
– Oui.
– C’est un de mes cousins et il est venu me prévenir qu’il y a une plainte contre moi.
– Une plainte ?
– Les gens d’El Horr ont porté plainte. Ils disent que je suis un esclavagiste.
– Pardon ?
– Tu sais bien ! Nous en avons souvent parlé.
– Oui, maître.
– Mon cousin m’a dit que je devais affranchir tous mes esclaves et qu’alors on ne pourrait rien retenir contre moi. Voilà Bolikoro, tu es libre !

Je ne comprends pas ce qu’il me dit… Libre ???

– Mais les autres ?
– Ils sont libres aussi ! Les autres peuvent rester travailler ici s’ils le désirent. Mais…
– Mais ?
– Toi, tu es trop vieux et je ne peux pas te garder avec moi.
– Mais…
– Tu dois partir Bolikoro, tu dois quitter ta case et ma maison !
– Mais ? Je ne sais pas où aller ?
– Va voir ceux d’El Horr ! Ils t’aideront peut-être. »

Je suis anéanti, des larmes ruissellent sur mes joues sans que je puisse entreprendre quelque chose pour les retenir. Le maître se lève et me tapote sur l’épaule. Il chuchote maintenant.

« – Bolikoro, tu m’as vu naître. Tu as été le compagnon de jeu de mon père et tu sais que nous avons toujours été bon pour vous.
– Oui, je sais.
– Tiens, prends cet argent ! Avec ça tu pourras aller à Nouakchott et tenir quelques temps. Je ne peux pas faire plus.
– Merci maître.
– Ne m’appelles plus maître, tu es El Horr maintenant ! »

Je quitte son bureau comme un fantôme. Je suis libre, «Le Libre» maintenant mais je ne sais pas quoi faire de cette liberté toute neuve. Je me dirige vers ma case, sa case.

Je rassemble mes maigres effets personnels et ce faisant, j’aperçois mon reflet dans le miroir. J’y vois un vieux qui pleurniche et dont j’ai pitié, un vieux sans avenir et maintenant sans maison.

« Je ne finirai pas à la Kebba ! »

Aïcha est rentrée en pleurant ce matin. Elle dit avoir trouvé le corps de Bolikoro sur la plage. Il était à moitié dans l’eau comme un rocher sur le sable. Elle dit que son corps était là mais que lui n’y était pas. Elle affirme l’avoir vu marcher sur l’eau et partir vers le couchant.

FIN

Rocher dans le sable

La question de l’auteur :

Peut-on résoudre un problème complexe avec une solution simple ?

Glossaire :

Kebba Le dépotoir, les bidonvilles mauritaniens.
Beydanes Les maures blancs, population arabo-berbères
Haratines Affranchis, les maures noirs ou Suudan
Abiid L’esclave en arabe
Jaam L’esclave en Wolof
Bolikoro Prénom Wolof
El Horr Le libre, nom d’une association hartani (singulier d’Haratine) luttant contre l’esclavage.

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14 Commentaires

  1. Pat dit :

    Une force incroyable se dégage de ce texte admirable qui dit l’essentiel. Qu’est ce que la liberté quand on en a été privée, que l’on ne l’a jamais connue ?
    Et cette liberté, d’une simplicité désarmante pour nous, ce concept si familier (quoique…) peut-elle être proposée du jour au lendemain à celles et ceux qui ne l’ont jamais connue ?
    Ta nouvelle épouse cette douloureuse question aux innombrables réponses et, comme tu l’écris en conclusion : « Peut-on résoudre un problème complexe avec une solution simple ? »
    Je crois que oui si les « affranchis » sont accompagnés et aidés dans leur nouvelle vie.
    merci pour cette nouvelle magnifique, émouvante et d’une poétique incroyable.
    Amitié.
    PAT

    • tby dit :

      @Pat
      Merci Patrick. Effectivement c’est bien là le problème, les affranchis sont ensuite laissés à eux-memes et deviennent un sous-prolétariat, pire car la marque de l’esclavage pèse sur eux jusqu’à la mort.
      Amitié
      Thierry

  2. lubesac dit :

    Nouvelle très courte qui montre la cruauté de ces lois faites sans réflexion.
    La liberté? C’est quoi pour qui ne l’a pas connue?Donner la liberté et rien d’autre avec?Pas d’apprentissage? Pas de soutien?
    Les grands mots ne suffisent pas face à la réalité du quotidien.
    Il était heureux cet affranchi, là où il avait toujours vécu: il ne connaissait rien d’autre!

  3. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    Cette nouvelle m’a particulièrement ému, car j’ai parcouru pendant deux ans, Mauritanie et Sénégal.
    D’un réalisme troublant, ces quelques lignes m’ont replongé dans mon passé, y retrouvant l’ambiance de cette Afrique tourmentée.
    Ce texte va au-delà de la simple « liberté », puisque le résultat de cette utopie, est la clochardisation jusqu’à la mort, pour ceux qui en « bénéficient « .
    Chez nous, en Occident, cette liberté ce nommerait « chômage sans indemnités ».
    L’unique réponse à la question de l’auteur, demeure un budget d’accompagnement, qu’il faudrait trouver hors de ce continent trop pauvre.
    Ces écrits sont porteurs d’une générosité humaine d’une rare beauté. Le texte est magnifiquement orchestré, où l’on retrouve tous les éléments composant cette richesse particulière africaine. Bravo Thierry.
    Amitié.
    dédé.

  4. Diko hanoune dit :

    Les préalables à toute abolition réelle de l’esclavage et du racisme
    en Mauritanie

    Les préalables constituent la fondation d’une politique d’abolition. Ils sont différents des conditions nécessaires en vue de la réalisation concrète de l’abolition elle-même.

    I) Reconnaître la communauté haratine dans la Constitution mauritanienne. En effet, une communauté ignorée, dans la loi suprême ( Constitution ) ne peut être prise en compte sur le plan politique. L’absence d’une prise en compte de la communauté haratine est le symbole même d’un manque de volonté politique

    II) Inscrire dans la Constitution le principe de l’égalité raciale. L’esclavage maure repose sur le racisme et la supériorité d’une race ( berbère et arabe ) sur une autre ( noire ). Il faut d’abord mettre fin à cette inégalité raciale. Il convient de ne pas confondre l’égalité raciale et l’égalité des citoyens. Dans une République les citoyens sont censés avoir les mêmes droits. Or, cette égalité citoyenne est handicapée par le racisme en Mauritanie. Il convient donc de reconnaître l’égalité raciale. Puis c’est son application conséquente qui permettrait une égalité des citoyens. En effet, les citoyens sont des êtres égaux. Or, le Hartani ( esclave ) n’est pas l’égal du Maure. Celui-ci, n’est pas l’égal du Négro-mauritanien.

    III) Sortir constitutionnellement ou par la loi ordinaire l’esclavage du joug de l’Islam. Aujourd’hui, la question de l’esclavage relève du droit musulman. L’Islam a reconnu
    l’esclavage et l’a sacralisé. Il faut non seulement abolir l’esclavage mais aussi soustraire toutes les affaires y afférentes au droit musulman par une décision politique : qu’il
    s’agisse de l’héritage, du mariage, des litiges fonciers, de la Zëkat, la Saddagha, … qui sont des moyens d’exploitation utilisés par les Maures à l’encontre des Haratine ( je renvoie à ma thèse, P. III )

    IV) Interdire dans la Constitution toute détention d’esclaves par un fonctionnaire, un parlementaire ( sénateurs et députés ), hommes politiques, etc. En fait, les pratiques esclavagistes doivent être interdites à tous les serviteurs de l’Etat. Comment voulez-vous lutter contre l’esclavage quand les serviteurs de l’Etat sont eux-mêmes esclavagistes ?
    C’est ainsi qu’en Mauritanie, les magistrats, les enseignants, les préfets, les gouverneurs, les journalistes, les diplomates, les ministres, les présidents de la République, les sénateurs, les députés, les maires … sont tous détenteurs d’esclaves et à ce titre, ne peuvent lutter d’une manière conséquente contre l’esclavage. Aujourd’hui, SOS-Esclaves, la CNDH et l’AFCF dénichent des esclaves dans les parties rurales du pays. Or, les ministres à Nouakchott ainsi que de nombreux fonctionnaires détiennent des esclaves sans être inquiétés. L’Etat doit exiger que ses serviteurs donnent l’exemple dans sa lutte contre l’esclavage.

    V) Inscrire dans la Loi suprême la discrimination positive en faveur des esclaves. Comment imaginer que des personnes nouvellement affranchies se prennent en charge quand, durant des générations, elles ont été conditionnées, animalisées, ne sachant
    qu’obéir aux ordres de leurs maîtres et vivre des restes ( el Vëldhlë ) ? Un jour, par une science infuse, elles doivent se débrouiller pour vivre, se loger, s’habiller, se soigner … Si les esclavagistes privés peuvent avoir des comportements irresponsables, l’Etat ne peut et ne doit se dérober à sa responsabilité, notamment une prise en charge des victimes de l’esclavage et leur accompagnement en vue de s’insérer dans la vie économique, sociale, juridique, …

    VI) Recenser les Haratine en tant que communauté à part, différente des Négro-mauritaniens et surtout des Maures qui utilisent la composante haratine pour exercer un pouvoir politique auquel ils n’ont pas droit en réalité. En effet, si le critère du nombre est déterminant ( il l’est en démocratie, il ne l’est pas dans la féodalité), les Maures ne sont pas majoritaires en Mauritanie. Par conséquent, le pouvoir en Mauritanie est une usurpation politique. Les Haratine sont recensés comme serviteurs ( esclaves) et leurs votes restent détournés au bénéfices des Maîtres . Pour rompre avec ce système féodal et esclavagiste, il faut appliquer le principe d’égalité entre tous les êtres humains ( apports des Révolutions française « 1789 » et américaine « 1776 » à l’humanité). La négation des Haratine est une conséquence de l’esclavage ( l’esclave n’est pas une personne par statut). Peut-on vivre sous une République islamique et sous une « démocratie » alors que la société mauritanienne ( en particulier maure) est une société esclavagiste comme les anciennes sociétés grecque et romaine.

    La ruse politique des Maures consiste à faire croire à l’existence d’une République et
    d’une démocratie alors que le système politique mauritanien est bâti sur l’esclavage donc l’exploitation et l’exclusion. Il convient de sortir l’esclavage des traditions liées à une situation historique et économique dépassée.

    Mohamed Yahya ould Ciré

    Président de l’association des haratine
    de Mauritanie en Europe.A.H.M.E
    http://www.haratine.com

  5. Angot dit :

    J’ai vu des images, Merci.
    Devrons-nous toujours payer notre liberté ?
    Qui peux répondre?

    • tby dit :

      @Angot
      C’est moi qui te remercie, c’est le plus beau commentaire que l’on puisse m’offrir.
      Je ne peux répondre à cette question, l’histoire elle y répond par l’affirmative, j’espère que l’avenir y répondra par la négative.
      Amitié
      Thierry

  6. Yannick dit :

    Salut Thierry,
    même si je sais que l’esclavage existe encore, je n’en connais pas les lieux et les usages. là j’apprends qu’en Mauritanie, l’esclavage existe encore et que des hommes sacrifient encore leur vie à leurs maîtres. le cas de Bolikoro me rappelle celui du vieux prisonnier qui n’a pratiquement connu que l’incarcération et qui ne veut pas sortir de peur du monde extérieur.
    peut-être que les affranchis meurent dans la misère en Mauritanie et qu’il faudrait prendre des mesures pour les accompagner. surement il faudrait étudier le contexte socio-culturel et historique avant de passer à l’action. toutefois l’esclavage reste cruel et qui ferait le travail des associations si elle n’était pas là? c’est facile pour moi de parler de l’esclavage devant mon ordi alors que je ne fais rien contre lui si ce n’est être humain mais je pense que cette nouvelle a le mérite d’exposer plusieurs points de vue et c’est ce qui fait sa richesse. elle narre une vie dans sa complexité et c’est ce qui fait la littérature.
    ce sujet difficile t’a permis de composer de très belles phrases au début sur Bolikoro et son rapport à cet Ouest maritime et libertaire, à cet Est chargé de Dieu et de ferveur spirituelle. la chute poétique est comme je les aime, laissant le lecteur faire un petit bout de réflexion.
    voila une nouvelle que j’aime.
    au plaisir de te lire
    amitié

    yannick

    ps: est-ce un reportage à la télé, un article de presse ou bien internet qui t’ont inspiré cette nouvelle?

    • tby dit :

      @ Yannick : Bonjour Yannick. Pour les lieux de l’esclavage, regarde bien ton voisin de palier, ou celui de la villa à coté. Sourire. L’esclavage moderne est pratiqué en masse meme dans les bonnes villes de France, on fait venir une gamine d’Inde par exemple et on lui retire son passeport, la faisant travailler comme domestique en échange de sa seule pitance. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, une ville ultra-moderne se construisant sur la péninsule arabique en employant des milliers de personnes et en utilisant la technique qui fut à l’origine de l’esclavage aux États-unis, c’est à dire : on leur paye le voyage, ils doivent le rembourser sur leurs salaires mais on leur loue aussi le logement et procure la nourriture à des prix prohibitifs que leurs salaires ne permettent pas de couvrir, résultat esclavage de fait. La Mauritanie est un pays où l’esclavage est dira-t-on traditionnel, c’est une autre dimension mais qui a le mérite de la franchise. Il est d’ailleurs beaucoup plus facile de combattre un esclavage institutionnel que l’autre forme évoquée plus haut, la cible étant bien visible.
      Pour répondre à ta question, c’est la décision de réaliser un triptyque sur l’esclavage qui fut le point de départ, en particulier l’aspect ancien, je me sentais une dette envers les victimes. Par la suite, ce sont tous les éléments que tu cites, reportages télé, presse et internet qui m’ont donné les informations nécessaires.
      Amitié
      Thierry

  7. Yannick dit :

    Rebonjour Thierry,
    en lisant les autres commentaires, notamment ceux de Pat, Lubesac et Dédé, je me suis rendu compte que j’avais écrit des bêtises. en effet, les associations ont le devoir d’apprendre la liberté à ceux qui ne l’ont jamais connue. je pense aussi que c’est la réponse à la question que tu poses à la fin de la nouvelle.
    ta nouvelle a eu le mérite de m’ouvrir les yeux sur l’esclavage moderne et je t’en remercie. je ne pouvais pas m’imaginer que des associations laissent mourrir les gens comme cela.
    merci pour ton partage.
    amitié

    yannick

    • tby dit :

      @ Yannick : Pas facile de juger, le but d’une association luttant contre l’esclavage est de libérer des esclaves, pas de s’occuper de ce qu’ils deviennent après. Le problème dans le cas de la Mauritanie, c’est l’Histoire et le poids symbolique, non la marque de l’esclavage. Ceci devrait etre une affaire gouvernementale quoi qu’un gouvernement mauritanien ne pourra jamais se libérer des aspects culturels. Une affaire Onusienne ? Il est important en effet de s’occuper de la « réhabilitation » de ces personnes marquées par la dégradation automatique liée à l’esclavage, mourir libre c’est bien mais pouvoir vivre libre c’est mieux. Le problème et sa complexité sont de taille, il suffit de regarder outre-Atlantique pour s’en rendre compte, le sort des noirs américains ayant été, (étant toujours ?), longtemps fortement influencé par leur passé d’esclaves. (Ségrégation, racisme, etc.)
      Quoi qu’il en soit, ce texte qui pose une question est censé faire réfléchir sur cette question. Amitié
      Thierry

  8. Odile dit :

    J’enrichis mes connaissances personnelles .. à chaque fois ..que je viens chez toi ..
    Je pensais benêtement .. que la langue en Mauritanie était hassaniya .. et que le wolof n’était parlé que dans le Sud à la frontière du Sénégal …

    Ceci dit l’esclavage .. bien qu’il soit aboli .. reste encore une des us et coutumes .. « traditionnelles » ….dans beaucoup de pays d’Afrique Noire …encore …les pays qui ont été colonisés .. comme Haïti par exemple .. où les Enfants esclaves .. sont en grand nombre!

    Je ne saurais répondre à la question que tu poses … car je penses .. que nous sommes…Toutes et Toutes esclaves …de manière différente… mais nous le sommes …
    Même quand nous nous libérons de certaines chaînes .. qui nous pèsent .. nous trouvons le moyen … de nous en créer d’autres …
    N’est-il pas vrai ?

    Bonne soirée
    Odile

    • tby dit :

      @ Odile : Cette question qui parait simple amène bien entendu une réponse ultra-complexe. S’il est simple de s’appuyer sur la loi abolissant l’esclavage pour les libérer, le problème réel et concret est leur devenir dans la société mauritanienne. Avoir été esclave, pas besoin du fer rouge, ce fer est dans les tetes, la cicatrice aussi. Je ne pense pas que nous puissions nous déclarer esclave sans avoir appartenu à quelqu’un de la naissance à la mort. C’est vrai que nous nous obligeons volontiers à la servitude, mais est vraiment comparable ? (tiens encore une question.)
      Bonne soirée à toi aussi
      Amiralement (Après la Lafayette, cela s’imposait.)
      Thierry

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