Guest : Marie Le Lous

Marie Le Lous

Marie Le Lous est une personne qui me fait vaciller dans mes certitudes. Doit-on en avoir des certitudes ? Elle écrit et j’aime particulièrement ses écrits noirs (au sens de polar). Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je lui demandais si elle voulait bien publier un «guest» sur mon blog. Je m’attendais à un truc sombre, là où les néons luisent dans les flaques laissées sur le bitume par la dernière pluie, là où les couleurs sont celles des affiches publicitaires, le reste étant en noir,blanc avec beaucoup de gris. Non, elle m’a envoyé un poème, je devrais dire The Poème. Car c’est une déclaration d’amour dont j’ai dégusté la lecture. Je vous laisse apprécier.

 

TOI

Je pense à toi comme un égaré face aux étoiles.
A ta silhouette qui tantôt regarde au loin,
Tantôt regarde avec une lueur qui me donne envie d’éteindre la lumière.
Je pense à toi et je ne sais pas s’il faut décrocher la lune, les étoiles, et le ciel avec.
Je suis comme un marin sans boussole.
Pourtant, il faudrait me raisonner,
Me dire que je rêve éveillée et que le réveil va être dur.
J’essaye d’arrêter mes pensées,
J’essaye de passer mon chemin,
J’essaye de n’être qu’un être parmi la multitude…
Mais je ne peux m’y résoudre.
Je veux être réelle dans tes pensées, tes doutes et tes espoirs.
Et tans pis si je tombe.
Étonnante cette aptitude à vouloir toujours suivre son intuition…
Je pense à toi,
A tes mystères et tes secrets.
A ta timidité et tes peurs à peine cachées.
A ta fausse légèreté et ta vraie sensibilité.
A tes silences qui ne disent rien, et tes mains qui parlent trop, posées sur ce basting.
Je pense que j’aurai dû te prendre la main l’autre soir quand je l’ai imaginée contre la mienne, et te lire un avenir qui aurait pu te séduire…
Je n’ai rien fait.
Je suis restée assise à distiller mes mots en fumant mon poison.
Pardonnes-moi par avance mes errements, mes doutes, et mes divagations.
Je ne sais pas ce que tu peux souhaiter, je confonds les faux signes et les vrais espoirs.
Les photos sont des images glacées emplies de regards et d’histoires inconnues.
Je ne suis moi-même qu’un songe, qu’un poème inconnu, qu’un sommet inaccessible.
Je jouerai bien à l’alpiniste quand même….
Tu n’as rien à promettre, rien à demander.
Je me sens comme un nuage blanc, de ceux qui font apparaître le soleil en été, ou annoncent qu’il est temps de rentrer en automne.
C’est bientôt l’été ou l’automne ?
Je pense à toi trop souvent depuis quelques jours… Ce n’est pas habituel chez moi.
Tu peux te flatter d’avoir une prétendante inconnue de plus…
Ignoble ce mot : prétendant.
Que puis-je prétendre ?
Être sincère et me livrer en toute confiance me semble un bon début même si mes mots ne parviennent pas de mon fauteuil déglingué à ton basting.
La nuit c’est le mystère de la vie, et de ses devenirs. Je la désire sans matin.
On se regardera et on dessinera le vide en écoutant les couleurs des écumes étoilées.

Demain approche et je ne saurais pas si tu auras lu mes pensées du soir, si tu es heureux de me savoir enthousiaste toute seule et bêtement amoureuse d’un parfum d’homme…que je ne connais pas.
Attirée par le plaisir de divaguer sur l’inconstance de l’existence.
Ou simplement pour sentir en moi la chaleur de sentiments, tous simplement gratuits car ils n’existent aujourd’hui que pour te rappeler que tu vis.
Ainsi vont les mots. Ils partent et on espère les voir revenir accompagnés…
Ainsi vont mes pensées.

Tous droits réservés par Marie Le Lous – © Janvier 2007

Merci Marie pour ce texte, pour ces petites phrases qui sonnent si vrai comme :

Et tans pis si je tombe.

Ignoble ce mot : prétendant.
Que puis-je prétendre ?

Ainsi vont les mots. Ils partent et on espère les voir revenir accompagnés…
Ainsi vont mes pensées.

Merci

Amitié
Thierry

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13 Commentaires

  1. on ne dictera rien à Marie, on la lira, on ne la prendra jamais à défaut, elle nous remuera toujours par le grand bout de la lorgnette, une Pirate d’aujourd’hui.
    de coeur et de tête (parce qu’en plus, elle a oublié la bêtise), une femme.

    merci Thierry pour tes invités marquant.

    • tby dit :

      @ Emmanuelle : Merci à toi pour tes passages (so zart wie ein Schmetterling flattern) sur mon blog. Tu es aussi une femme qui a oublié la betise et qui a du coeur et de la tete et je reve (en secret ?) de pouvoir publier un texte de toi en ce lieu. Je t’embrasse. Thierry

  2. lubesac dit :

    Tu es sûr Thierry que cette déclaration ne t’es pas adressée?
    Très beau poème d’amour!Athmosphère intimiste et douce….Je la vois perdue dans ses pensées

    • tby dit :

      @ Lucette : Oui, à mon grand regret je suis sur. La seule qui m’aime encore assez pour m’écrire des trucs pareils c’est ma Charlotte mais il me faudra encore attendre un peu pour pouvoir le lire. Sourire. Merci de ton passage. Thierry

  3. Guest : Marie Le Lous dit :

    […] la suite : Guest : Marie Le Lous Cet article est sur : Le blog de Thierry […]

  4. @Thierry: ce n’est pas vraiment un poème, plutôt une errance mentale, une sorte de déreliction amoureuse, il y a de la matière… quelques belles formules attachantes…

    • tby dit :

      @ Stéphanie : Bonjour la belle tangerine. Alors là, il va me falloir regarder dans mon dictionnaire ce qu’est une déreliction. Ah, c’est surement parce que je pouvais pas sentir ma prof de francais. C’est de sa faute. Rire. Bises. Thierry

    • tby dit :

      @ aux incultes dont je fais partie :

      déréliction nom commun – féminin ( dérélictions )
      Definition :
      1. sentiment d’isolement assorti d’une profonde angoisse (soutenu)
      Synonyme: abandon
      (sombrer dans la déréliction et le désespoir)

      @ Stéphanie : Moi je continue à voir ce texte comme un poème, une ode à l’amour naissant. C’est le rythme de ce texte qui me dicte cette décision. Mais bon, ici c’est pas l’académie francaise où je ne mettrais surement jamais les pieds. Clin d’oeil. Amitié. Thierry

  5. dédé dit :

    Bonsoir Thierry,

    J’ai beaucoup aimé ce texte qui demeure un cri d’amour non réalisé, mais en attente.
    Avec beaucoup de sensibilité, les mots sont imprégnés de ce souhait, non encore déclaré.
    Chamboulement intérieur, toujours mystèrieux, lorsque provient cette attirance vers l’autre.
    Déploiement de questions qui oscillent entre l’espoir et la divagation; entre l’incertitude et la réalisation de ce désir si fort, qu’il fait souffrir.
    Errance des pensées qui se déshabillent et se donnent avec la pureté magnifique de l’inconnu.
    Sensation de malaise car cet amour n’est pas éclos, et de soumission pour qu’il s’éveille ( surtout de la part de l’autre ).
    Sublimation par la nouvelle rencontre qui ne porte pas encore les fruits de la déception, de la routine, de l’usure.

    J’ai pris vraiment un réel plaisir à lire ce comportement si juste, lorsque l’amour frappe.
    L’auteur décrit ses émotions, avec une beauté cruelle.
    Je pense qu’on ne peut écrire de si jolies phrases, que si la vie vous en a soufflé les mots.
    Amitié.
    dédé.

  6. Flopso dit :

    Bonsoir,
    J’ai beaucoup apprécié ce texte.
    J’ai été sur la page myspace indiquée dans l’article pour un peu mieux découvrir cette femme mais je ne trouve pas les autres textes à lire.
    Merci pour la découverte, j’aimerais aller plus loin SVP.

  7. Flopso dit :

    En fait, j’ai mieux regarder la page myspace, je n’ai pas accès à tout car je ne fais pas partie de « ses amis », c’est dommage, je ne peux pas la lire et mieux la découvrir du coup.

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