Et dans la cale ?

Du 17 05 2008 § 4 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

Bateau cimetière de Camaret

Jean-Louis sur ses talons, Raymond décide de faire face. En bon marin, il sait que les possibilités de lui échapper sont nulles et résigné il se retourne vers l’homme dont il vient de poignarder le frère.

« Laisse tomber ce couteau ! »

Raymond regarde sa main et le couteau qu’il tient, il semble ne pas comprendre.
Jean-Louis se saisit d’une grosse clef anglaise et réitère son ordre.

« Raymond, fils de pute ! Laisse tomber ton couteau ! »

Raymond obéit.
Jean-Louis s’approche doucement, tout doucement, comme un chat se dirige vers sa proie.
« Où est mon frère et c’est quoi ce sang ? »
Raymond n’ouvre pas la bouche, il regarde Jean-Louis avec des yeux de bovins dont s’écoule quelques larmes.
Jean-Louis est tout près maintenant.

« René ? Où est René ? Pourquoi il y a du sang sur ta main ? »
Raymond a peur, il connaît le Jean-Louis et ses colères légendaires.
Il s’agenouille et baisse la tête.

« – Raymond, tu m’inquiètes, tu vas me répondre oui ou merde ?
– Il est sur le pont…
– Comment ?
– Il est sur le pont !
– Et qu’est-ce qu’il fout sur le pont ?
– Il est par-terre…
– Tu lui as fait mal ?
– Ou… Oui !
– Avec ton couteau ?
Raymond se crispe, il attend le coup libérateur à chaque seconde.
Il fait oui de la tête.

Alors c’est bien toi qu’a amoché la gamine !

– Non… »
Au moment où ce mot sort de ses lèvres, sa tête explose sous le choc.
Raymond s’écroule le crâne défoncé.

Jean-Louis lui crache dessus. Il prend le temps d’apprécier l’efficacité mortelle de la clef anglaise. Il juge de la qualité des dégâts, suit la trajectoire des particules de Raymond.
Il reste là un moment à réfléchir. La gnôle de ce matin lui caresse les nerfs.
Il fait demi-tour et s’envoie une rasade dans le carré.

Il pense à haute-voix :
« A nous deux Larbi. Tu vas voir ce qu’il en coûte de souiller la France. Tu vois Jean-Marie le résultat de ta politique sociale de pédale avec les crouilles et les taulards ? »
Il retourne dans la cale en entendant des pas dans la descente.

Sur le pont…

{lang: 'fr'}

4 Commentaires

  1. edouard dit :

    J’aime, comme dab, Thierry.
    Mon blog est très dépouillé, je sais. Et c’est voulu. Je vais te mettre dans mes liens. Je n’y avais tout simplement pas pensé car j’y ai passé très peu de temps ces derniers jours. Myspace me pompe beaucoup, et je me demande si un jour je vais pas laisser tomber tomber pour me consacrer davantage à l’autre blog.

    • tby dit :

      Original posté par edouard
      Myspace me pompe beaucoup, et je me demande si un jour je vais pas laisser tomber pour me consacrer davantage à l’autre blog.

      J’en suis là aussi, la pression myspace est grande et cela bouffe beaucoup de temps, sans compter sur les aspects un peu trop perso et les relations un peu trop schyzo. J’y pense aussi. Amitié. Thierry

  2. Odile dit :

    C’est d’un bestial .. digne .. de figurer dans le film délivrance!

    ce Jean-louis .. lui on devrait le haché menu menu … tant pour le crime de sang-froid qu’il a commis .. que pour ses idées …
    je ne serais pas étonnée … s’il avait dans son portefeuille …la carte d’un certain parti .. d’extrême droite .. pour ne pas le nommer !

    maintenant je comprend mieux .. pourquoi tu as pu supposer .. que je n’avais pas lu les « trois encartés « …
    A ma 1ère lecture j’ai tellement été bouleversée … que j’ai confondu Raymond et René …

    une souris dans le chas de la gorge … sorry…
    Suis-je pardonnée ? dis oui .. allez …
    Bon courage pour cet après’m
    Moi je continue … héhé
    Odile

    • tby dit :

      @ Odile : Faute avouée est à moitié pardonnée. Je plaisante. Oui Délivrance, un film qui met la bestialité ordinaire à fleur de peau. Belle journée. Thierry

Laisser quelques mots