"Echo à ta Lassitude" par Patrick Fort

Du 13 03 2009 § 11 Commentaires § Mots-clefs : , ,

Patrick FortThierry m’a offert un beau cadeau en m’ouvrant les colonnes de son site. Mieux, il m’a ouvert un compte-auteur sur «Esprit de mots» et m’a laissé ainsi les clés de la maison le temps d’un article. C’est un sentiment un peu étrange d’avoir accès à l’administration de cet espace, un peu comme si j’entrais dans le sanctuaire sacré et que j’y circulais sans guide…Mais Thierry est un hôte chaleureux et je me sens presque chez moi en son absence.

Je connais Thierry depuis «Myspace», plateforme sociale sur laquelle j’ai sévi pendant quelques mois et que j’ai quittée pour de multiples raisons qu’il ne m’appartient pas d’évoquer ici.

Alors je vais à l’essentiel.

Lire, écrire et en parler

Une même passion de l’écriture nous unit et nous nous lisons toujours avec une extrême attention. Une même soif de partage guide notre démarche.

Une amitié solide est née entre nous deux. Et elle n’est en rien virtuelle.

Nous croyons fermement, l’un comme l’autre, que la littérature a toujours son mot à dire. Malgré tout.

Si j’écris aujourd’hui, c’est à la demande de Thierry suite à mon commentaire sur son texte «Lassitude». «Tu sais quoi, je vais t’ouvrir un compte d’auteur sur mon blog et tu pourras poster ce beau texte qui me fait un grand plaisir en tant qu’article. Il mérite mieux que la place accordée aux commentaires».

Aussi je m’exécute, fier et un peu intimidé par un tel honneur.

Je ferme la porte du sanctuaire où tant de beaux textes et de magnifiques nouvelles s’écrivent et prennent vie. Je suis heureux d’y avoir voyagé quelques instants. J’hésite même à sortir mon appareil photo pour prendre un cliché de l’écran…

Trêve de bavardage, je vous laisse découvrir mon commentaire intitulé «Écho à ta lassitude» et remercie encore et encore Thierry.

ECHO A TA LASSITUDE

« Bonjour Thierry,
Je viens de découvrir ton article « Lassitude » et j’ai hésité à poster ce commentaire, préférant, dans un premier temps, te l’envoyer par mail. « Tes lecteurs, me disais-je, n’ayant pas besoin de connaître la teneur des propos que, sous couvert de l’amitié, nous échangeons hors blog». Puis j’ai changé d’avis.
Ton article met en lumière une lassitude que nous avons tous ressentie un jour sans l’ombre d’un doute, que nous ressentons aujourd’hui peut-être ou que nous ressentirons demain c’est certain.
Tu écris des vérités essentielles que je vais m’efforcer, à ma modeste mesure, de compléter et de prolonger. Sans l’once d’une certitude et dans un état d’esprit similaire au tien.
En effet, depuis longtemps, je partage ton ras-le-bol, je comprends et ressens les raisons de ta lassitude. Et j’admire ton courage pour nous l’exposer ainsi en la drapant d’une ironie qui n’en dissimule pas moins le sens de tes mots.
Cette lassitude est inhérente à la nature même des blogs qui engendrent frustration, prise de tête, incertitudes dès lors que l’on choisit de s’exposer au regard des autres.
Le tout est de l’accepter, de le vivre sereinement mais de savoir également qu’un blog est source aussi de belles rencontres qui nous permettent d’avancer et de dépasser cette lassitude.
C’est un moyen de communication parmi tant d’autres, un point c’est tout. Il ne faut rien en attendre de particulier et ne pas succomber à des mirages de reconnaissance.
Mon blog me permet de mettre en ligne mes écrits, d’être lu et…commenté.
En nous soumettant ton expérience personnelle, c’est à chacun d’entre nous que tu t’adresses. En évoquant ta lassitude, c’est chacun d’entre nous que tu interpelles.

En partageant les secrets de ton travail d’écrivain, c’est notre pratique d’écrivain que tu interroges.La classification « littérature » d’un blog, quand on écrit et que l’on veut se rattacher à une catgéorie, est une supercherie. Supercherie dans la mesure où elle est devenue un fourre-tout, un bric à brac. Tout et n’importe quoi se côtoie, se superpose et finit par se confondre. Comme toi, j’enrage quand je publie une nouvelle et qu’elle se heurte à une armada déloyale d’articles insipides et que la créativité a abandonné. La nouveauté, un autre questionnement sur la littérature, une autre façon de l’appréhender s’y retrouvent aux abonnés absents. Je prends le risque d’être vaniteux en affirmant que ta démarche, ma démarche, notre démarche est tout autre.
J’évoque à titre d’exemples ces copier/coller insupportables sur le dernier livre à la mode, « cette littérature sans estomac », ces chroniques et critiques littéraires insipides et qui n’apportent rien. Je comprends mieux maintenant ton article « Les 22 des cents »…Ces articles « politiquement correct » n’ont aucune originalité, sont ennuyeux à mourir et me donnent envient de pleurer quand je n’en ris pas.
Pire, celles et ceux qui en inondent la blogosphère trustent les classements du style Wikio, captent la lumière au détriment de celles et ceux qui écrivent, VRAIMENT, et qui demeurent injustement condamnés à survivre dans l’obscurité et à s’en accommoder.
Je crois en la littérature. La vraie. Celle qui ne ressemble à aucune autre et qui ainsi ressemble à la vie, au monde que nos mots forgent et retranscrivent.
Oui, écrire prend du temps.
Oui, écrire exige des recherches pour donner de la crédibilité, de la vie, de la certitude et de l’assurance à nos mots pour mieux dire notre monde.
Oui, écrire se nourrit de ratures, de correction, de nuit courte, de courage, de rage, de  patience, d’obsessions, de rancœurs, de plaisir, de soulagements, de colère, de joies, de pleurs, d’odeurs, de saveurs, de couleurs, d’attitudes, de non-dits, de bien-dits, de sueur, de doutes, de mal-dits, de souffrances, de rage, de nature, de béton…
Mais celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est écrire, mais celles et ceux qui ignorent tout ce que l’on y met dedans quand on ressent l’acte d’écrire,  mais celles et ceux qui ne comprendront jamais que, même quand on n’écrit pas, inexplicablement, on écrit quand même, ces « gens-là », cher Thierry, ne chercheront jamais à comprendre les raisons de notre lassitude, de nos découragements et de nos déceptions.

Quand on passe des heures à écrire, est-il anormal de regretter d’être peu lu ?
En guise de réponse, le plupart ne verront dans cette question qu’une pleurnicherie de plus. Un manque de considération que notre ego s’enragerait à dénoncer parce qu’on l’en priverait. Une lamentation démesurée qui découlerait de l’absence de commentaires en égard à la haute valeur que, présomptueux et orgueilleux, nous accorderions à notre œuvre (sourires)…
S’ils savaient pourtant pour quelles raisons véritables nous sommes las…
Écrire part de soi, s’adresse aux autres et revient toujours à soi. Les nuances que l’on accorde à « soi » ou « aux autres » se font en fonction de la personnalité de celles et ceux qui écrivent. Et je ne croirai jamais celles et ceux qui assurent qu’ils n’écrivent que pour eux…
Je vais te faire une confidence Thierry.
Parfois, j’ai l’impression d’être « en marge » parce que j’écris. D’être à côté du vrai monde, de ne pas m’intéresser aux choses essentielles. Une impression difficile à capter par de simples mots. E à livrer toujours maladroitement.
J’en culpabilise même.
Patrick tu passes trop de temps à écrire…tu t’éloignes des gens que tu aimes… tu ne t’intéresses pas assez eux… tu les agace à parler des mots qui divaguent dans les méandres de ton cerveau…pire, tu les ennuies à la longue à évoquer ces nouvelles, ces romans que tu n’écriras jamais peut-être…
Mais en écrivant, j’écris aussi pour eux et pourtant, je leur dis rarement. Sans eux, je n’écrirai pas mais ma pudeur ne me permettra jamais de leur avouer.
Nous aimons partager Thierry et nos efforts sur nos blogs vont dans ce sens.
J’évoque la mise en forme de nos blogs, l’accueil que nous soignons, le confort de lecture que nous améliorons pour mieux recevoir.
J’évoque les commentaires que nous laissons, les encouragements que nous prenons du temps à écrire, les blogs que nous visitons et sur lesquels nous laissons une trace de notre passage.
J’évoque les articles que nous postons sur les autres, même si nous sommes rarement payés en retour. Mais, précision inutile sans aucun doute, nous ne les postons jamais pour cette raison car nous sommes sincères dans notre démarche. Elle n’est jamais une demande déguisée à nous rendre la politesse.
La lassitude survient parce que tu crois que personne n’a conscience de tout ce que tu réalises sur ton magnifique site.
Ce qui est faux.
Écris pour toi Thierry.
Prends ton temps, prends du recul, prends le large.
Aère-toi l’esprit, le cœur et l’envie reviendra.
N’attends rien de particulier et l’inattendu surviendra. Parce que tu n’aurais jamais cru qu’il se manifeste.
Continue à vivre. Toujours. Surtout.
A écrire. Toujours. Surtout.
Creuse ton sillon, trace ta route, construit ton œuvre.
Fidèles, nous serons toujours là à te lire et à te le dire.
Le nombre de commentaires laissés ne révélera jamais la valeur des mots que l’on aligne les uns à la suite des autres pour « raconter des histoires ».
Le nombre de commentaires laissés ne révélera jamais l’essentiel qui restera toujours d’écrire.
Car quand on écrit, on n’est plus jamais seul.
Et tout le reste n’est que littérature.
Amitié.
PAT

Le blog de Patrick FORT : Lire, écrire et en parler

Bouton de la page d'accueil

Bouton de la page de l'auteur

{lang: 'fr'}

11 Commentaires

  1. tby dit :

    Situation ubuesque que de commenter son propre blog ?
    Le père Ubu, j’aimais bien, surtout par Jean-Christophe Averty qui bizarrement revenait régulièrement pour les fetes de fin d’année…
    Stupide et pourtant, quelle drole d’idée de passer tout le monde à la moulinette, et pourtant…
    C’est l’effet que je me fais aujourd’hui comme hier pendant que je rédigeais lassitude, celui d’avoir fait un détour par la moulinette du père Ubu. Pas de doute, comme le lézard qui voit sa queue repousser, je renaitrai de mon haché.
    En fait qu’est-ce qui m’arrive ? Un caca nerveux comme dit Stéphanie ? Ou bien cet arrière-gout de sens unique… (Si tu veux partager, on veut bien prendre…)
    En littérature il semble que le monde soit à l’envers. Les internautes exigent partout ailleurs la gratuité, celle de la musique, des films ou de l’information. Pour la littérature, tout s’inverse, là tu dois fournir du papier… J’ai du mal à comprendre je l’avoue, surtout que fournir du papier c’est passer par un comité de lecture qui évaluera ton texte à l’aune de je ne sais quoi, des impératifs commerciaux rentrant de plus en ligne de compte. Bref, du prémaché, s’il est édité c’est qu’il est bon, qu’il est digne d’etre lu ou d’etre tout court comme il semblerait que cela soit le cas sur le marché du livre. Je devrais peut etre me prendre un pseudonyme anglo-saxon et augmenter ainsi de trente pour cent mes chances. Ken Follet me plait bien mais il est déjà pris, King aussi, Steinbeck ne fait pas trop anglo-saxon mais lui au moins il faisait de la littérature. Bref c’est vraiment l’impression d’etre passé à la moulinette du père Ubu qui me reste. Plein de questions, peu de réponses. Cela ne me gachera pas mon plaisir à l’écriture, ni le besoin vital d’écrire que j’éprouve mais je vais sérieusement penser au thème : Blog – littérature.
    Mais, Thierry, redescend ! Qui a dit que tu faisais de la littérature ???
    Ben oui, voilà, la question est posée…
    Une petite, toute petite voix s’exprime dans ma tripe : « Moi ! »
    « Hein ? Qui est là ? »
    « Toi idiot ! »
    « Moi ? »
    Dialogue de sourd, c’est justement pourquoi je publie sur un blog afin de savoir enfin si je fais de la littérature. Certains de mes lecteurs le disent, les autres se taisent… Blues du blogueur…
    Tout ca pour dire que je vais me poser de grandes questions et que j’espère bien y trouver des réponses. Qu’il est bien possible que ce blog évolue considérablement dans le ton, le style et le contenu. Il est possible aussi que ma « littérature », si les dieux sont avec moi, ne soit plus accessible qu’en librairie. Après tout, il nous faut rendre à César ce qui lui appartient.
    Merci mon ami pour ce beau texte plein de ta belle amitié.
    Thierry

  2. lubesac dit :

    Quelques unes de mes vérités!
    -Pour écrire il faut vivre!
    -Ne faire qu’écrire n’est pas vivre!
    -Ne pas écrire n’est pas vivre!
    -Donc il faut vivre et écrire.
    -Parfois vivre, parfois écrire

    Et si on se posait moins de questions? Si on faisait ce qu’on a envie de faire sans se soucier d’autrui!
    C’est peut-être ce qui attire le lecteur : cette création gratuite.

    Je vois que vous avez tous vos ressentis profonds, vos questionnements, vos angoisses, vos pudeurs.

    Il y a très peu de temps encore ma famille ne savait pas que j’écrivais. Je n’osais pas le dire. Puis mes enfants m’ont lue et m’ont demandé pourquoi je n’écrivais pas sous mon nom ( lol! moi qui voulait les préserver! Erreur)
    Mes soeurs m’ont lue, appréciée, à moitié surprises (leurs souvenirs de collège étaient que j’étais bonne en français!)Mes neveux et nièces m’ont découverte aussi, ont voulu leur petite dédicace (à un enterrement puisque c’est là que les familles se retrouvent)

    Tout çà pour dire que nous sommes bien compliqués!

    Je comprends tout à fait la lassitude qui s’empare de Thierry, de Patrick et même moi depuis peu. Ce n’est pas la même! Mais je ressens comme une atteinte à la liberté.
    Donc il faut savoir faire des pauses et surtout il va falloir profiter de la venue du printemps pour nous regénérer. La nature! Rien de tel!…et la plume repartira de plus belle, pleine d’ardeur et de plaisir. Si le plaisir n’est plus, la lassitude guette.

    Je me suis attardée à vos cotés, Thierry et Patrick, deux amis que j’apprécie énormément et qui tous deux m’ont beaucoup touchée.
    Le plaisir pour moi a été grand d’écrire à vos cotés.
    Tendresses amicales
    Lucette

  3. Les Africains disent: Celui qui écrit est toujours seul. Même chose pour celui qui lit… Ils ont raison, comme toujours. Le blog n’est qu’un moyen illusoire de s’exposer, il ne faut cependant pas en attendre de retour de masse, j’ai enfin compris cela, je suis d’accord avec Patrick lorsqu’il affirme qu’il y a des blogs absolument insipides qui servent de fourre-tout, mais à chacun de trier, de filtrer. En littérature aussi, il y a du bon, et du moins bon, l’on n’est pas obligé de tout avaler sans discernement. Le fait que les mots soient dans un livre ne garantit rien sur la qualité du dit livre. Sur cet espace « Esprit de Mots », j’ai toujours aimé l’insolence, l’irrévérence, le réel amour des mots, je me sens un peu sans béquille si tu n’écris plus, mais je respecte comme je l’ai dit dans mon précédent – et court – message ton choix. Ceci dit, rien ne m’empêche de venir encore de-ci de-là me ressourcer à tes contes, tes réflexions sur la vie, les découvertes que tu m’as permis de faire grâce à ta générosité. Et là aussi, Patrick a raison, dans la nasse de visiteurs, il y a forcément des rencontres qui se font. C’est comme le métro, la multitude d’individus le prend tous les jours, et parfois parmi nous tous, il y en a 2 qui se remarquent, qui accrochent, c’est ça qui compte.
    Que les gens s’attardent pour livrer leurs ressentis ou pas, ce n’est pas grave, ce qui compte, ce n’est pas d’écrire pour eux, c’est d’écrire parce que tu ne peux pas faire autrement, et tant pis s’il y a peu de lecteurs, tant pis si les autres préfèrent se laver la tête en regardant des conneries, à part ceux-là, il y en a d’autres pour qui même internet permet de s’ouvrir une fenêtre sur la poésie.
    L’on ne peut pas juger des goûts des gens, on ne peut que proposer et ne rien attendre en retour, juste grapiller quelques miettes… il y en a de vraiment délicieuses.
    Je t’embrasse, une fidèle de l’autre côté de la Méditerranée (autant dire que ce n’est pas la porte à côté)
    Stéphanie

  4. Pat dit :

    @ Mag : Merci…

    @ Thierry :
    Situation étrange que de répondre à un commentaire laissé sur ton blog à la suite d’un article posté sur ton blog par moi…
    Ne te pose pas une mauvaise question à savoir : est-ce que je fais de la littérature ? Tu connais la réponse. j’ai reçu hier un message de notre chère Emmanuelle qui a réagi à ton article et qui semblait agacée par nos états d’âme. Elle a ses raisons, nous avons les nôtres. Son message précieux avait le mérite et l’intelligence de recentrer les choses. Ecrire demeure le plus important. La lassitude survient quand on a l’impression d’avoir donné pour rien. Réfléchis mais pas trop. Ecris pour toi et ensuite tu verras bien. Pour le reste…
    Amitié.
    PAt

    @ Lucette :
    Ta sagesse et tes vérités sont comme toujours remarquables et si justes.
    Tu seras toujours de ces amies précieuses et rares qui nous tendent le miroir de l’évidence. On s’y contemple et on se dit : « Lucette comme toujours a raison ». Et l’on se secoue et on continue…
    je t’embrasse,
    PAT

    @ stéphanie :
    Que de vérités et de poésie dans ton commentaire… Oui, Thierry reviendra. Les pauses sont nécessaires tout simplement.
    Quantité de commentaires ne signifie pas qualité. écrire comme d’autres chantent, peignent, sculptent, jouent. ne rien attendre. parfois de belles rencontres, des miracles qui effacent les lecteurs silencieux. je vais prendre le temps de te lire. Thierry aura permis que nous nous rencontrions.
    amicalement,
    PAT

  5. Emma dit :

    «  »en littérature » ? gardons-nous de ce titre, nous autres bloggers, blogeurs, blogueurs… Restons écriveurs et surtout amateurs.
    j’avais écrit un long-long 2e commentaire au texte « lassitude » de Thierry, mais cela ne fut pas retranscrit pour cause de maintenance… après une seconde de râlerie, je me dis, pas fataliste pour deux sous, il vaut mieux…
    cependant l’entêtée que je suis dit et se répète : trouver l’urgence de l’écrit, sinon s’abstenir et plutôt cultiver ses plantes en jardin.
    Qu’est-ce qu’un blog ? il ne détrônera jamais le papier trimbalé de lieu en lieu, il fatiguera les yeux.
    un blog aussi clair soit-il conçu reste un tremplin, un cadeau au lecteur.
    il pose des questions, il informe d’un partage, il offre un challenge, il offre une forme (tiens, comment écrit-on aujourd’hui ?)
    il a ces prétentions-là uniques. les mots sont étalés, lus, remarqués ou non.

    maintenant je vais parler d’un autre phénomène, de myspace tant décrié.
    et pour cela je vais dire un mot de facebook: mondain, people, nous avons tous garder les cochons ensemble. j’ai en horreur cette vitrine aseptisée.
    je suis partie de myspace deux fois pour raisons grippales personnelles, en revanche, j’y ai trouvé des amitiés jamais oubliées toujours retrouvées, de visu ou non (l’Australie, la Réunion sont loin de chez moi…) Grâce à elles, une petite loupiote s’est allumée.
    je suis malheureuse de vous annoncer que le doute, la lassitude, le monde, les guerres sont toujours là, mais comme me le redisait babel(un cher ami de myspace)en citant Cicéron : « Tous nous naissons poètes, quelques uns deviennent orateurs »

    gardons les mains dans le travail de l’humus. hauts les coeurs en bandoulières !

    bien et fidèlement à vous, Thierry et Patrick

    ps: voici peut-être une question éternelle à poser : qu’est-ce qu’un blog ? »

  6. delphine alpin ricaud dit :

    Bravo Patrick, tu as parfaitement décrit la condition d’écrire.
    Mon blog est un exercice qui m’oblige à écrire lorsque je commence à flancher. Lorsque vraiment rien ne sort, il devient un autre exercice, celui de chercher l’inspiration qui prendra alors une autre forme que l’écriture.
    Mais la solitude de l’écriture demeure au beau milieu des nécessités de la vie « normale » (mot qui ne devrait pas exister).
    Amicalement, bravo à vous deux.

  7. Seb dit :

    Oui Pat. Tout a fait. Et Merci aussi Emma. Je rejoinds aussi son avis.
    A tres vite Thierry. Et toi Pat…see you on your blog! Et tres vite sur papier!
    Bisous a vous deux.
    Seb

  8. Thomas Frédéric dit :

    Nous en sommes tous là ! Enfin quand je dis tous, je pense à nous autres les auteurs. Nous avons besoin de reconnaissance. Pas forcément de lumière qui, comme la poursuite suivant l’artiste sur scène, nous y flamberait en son halo. Nous avons besoin que nos écrits reçoivent l’intérêt du lecteur passionné et sincère. Nous avons besoin de nous recharger de critiques plus ou moins bonnes, qu’importe, pourvu qu’elles se montrent constructives. Je n’ai pas peur de le dire. Je lis énormément et il m’arrive souvent devant un bouquin de me dire :
    _ Enfin mince, je fais largement aussi bien ! Comment ce fait-il que ce livre-ci soit rentré dans la fameuse ligne éditoriale, si difficile à franchir ?
    Mince, ils n’ont pas lu Thierry ou Delphine ! Ils n’ont pas lu Patrick ou Stéphanie ! (je visite beaucoup de site mais j’avoue que je suis ancré sur ces 4 blogs, car quand on a trouvé la qualité…)

    J’ai alors sincèrement envie d’invectiver la maison d’édition, de leur envoyer les adresses url des sites et blogs faisant vitrine à leur poésie, à leur littérature (oui Thierry, ce que tu écris sur Esprit de Mots, c’est de la littérature, de la très bonne même) et que je n’entende pas que mon commentaire pourrais éventuellement manquer de sincérité. Quand je m’adresse à quelqu’un, je lui dis ce que je pense. Sinon, je préfère rester muet.
    J’ai envie de leur demander quel est le sésame magique pour pouvoir enfin se faire connaître suffisamment, afin que notre passion puisse jouir d’une critique plus large, d’un intérêt du lectorat plus ample.

    Je comprends cette lassitude. Je la ressens parfois. Mais le plaisir d’écrire au gré de mon inspiration sinusoïdale, reste la plus forte.
    Je n’ai in fine, aucun doute que dans les mois et années à venir, certain perceront. Je prends un tel plaisir à les lire…
    Amitiés !

  9. pat dit :

    @ Emma :
    Merci pour ce magnifique commentaire et ce mot « écriveur » dans lequel, humblement, je me retrouve…
    Par mail, j’ai répondu à tes mots mais je ne peux m’empêcher de citer ceux qui me parlent tant :
    « trouver l’urgence de l’écrit, sinon s’abstenir et plutôt cultiver ses plantes en jardin ».
    « un blog aussi clair soit-il conçu reste un tremplin, un cadeau au lecteur.
    il pose des questions, il informe d’un partage, il offre un challenge, il offre une forme (tiens, comment écrit-on aujourd’hui ?) »
    il a ces prétentions-là uniques. les mots sont étalés, lus, remarqués ou non. »
    Car le miracle en te lisant est que tu écris l’essentiel.
    @ Seb :
    Toujours là. Fidèle, amie, tenace, compréhensive et rare.
    @ Delphine : ton blog est une merveille et nous sommes « voisins » d’écriture et de pays. Belle écriture, univers beau, textes vrais : ton site est une heureuse et superbe découverte !
    A très bientôt et merci à toi de nous avoir permis de nous rencontrer !
    @ Thomas Frédéric :
    Cher ami, je rougis en lisant tes beaux compliments… tes encouragements, ton soutien, ces vérités essentielles que tu nous exposes, ce dialogue et ce partage que tu nous offres sont un cadeau rare.
    le tout est d’être solidaires, fidèles, francs et critiques entre nous. « Seul » ne s’oppose pas à « nous ».
    Je crois qu’en écriture la principale vertu quand on désire être édité est surtout le temps, la patience. savoir ronger son frein, écrire, lire, écrire, continuer à lire. puis arrivera ce qui arrivera. un blog n’est et ne sera jamais une fin en soi. au mieux la vitrine d’un magasin dont on franchit la porte pour découvrir ce qu’il y a à l’intérieur.
    Le découragement, la lassitude, sentiments normaux mais qui ne doivent pas être un frein.
    Amitiés !

  10. “Echo à ta Lassitude” par Patrick Fort dit :

    […] Lire la suite sur : Le blog de Thierry Benquey Url de l’article : “Echo à ta Lassitude” par Patrick Fort. […]

Laisser quelques mots