Azacamopol

capture d'écran d'Azacamopol

Ou la petite fabrique d’écriture. Je vous invite non pas à découvrir ce lieu mais «Lucy», le texte qui traite du thème de «L’aube de l’humanité». Comme vous me connaissez déjà un peu, vous vous doutez bien que cette aube se trouve fortement épicée de mes sauces préférées. Je vous mets un extrait et vous pouvez lire la suite là : Lucy

EXTRAIT

L’aube naissante réchauffe mon cœur glacé par la vision de la nuit.
Je tremble encore de la puissance de cette révélation pendant que je fends la brume matinale en me dirigeant vers le point d’eau.
Tous mes sens sont en éveil, je renifle l’air et tente de deviner, de percevoir si un grand fauve n’est pas à l’affût dans les broussailles.
Les veilleurs du clan n’ont pas donné de signes mais les prédateurs sont si malins, si silencieux et habiles à se couler dans le décor.
Je me penche et aperçois le reflet, mon image…

Et la vision me revient avec force comme une claque.
Je revois ces êtres étranges, laids et presque dépourvus de poils. Leurs visages troublants qui ressemblent aux nôtres et les sons hideux qui s’écoulent de leurs lèvres et avec lesquels ils communiquent manifestement.
Je revois les morts et le chaos. Les cris et les larmes, si proche de ce que je connais.

Je revois ces créatures qui pénètrent dans des choses monstrueuses qui s’élèvent dans les airs. Ces choses tuent et crachent le feu. Ces choses fauchent les vivants et ceux-ci qui crient et pleurent comme nous. Je ressens une grande compassion pour ces êtres, je me sens à la fois si proche et pourtant si éloignée d’eux. Dans ce monde, il n’y a pas de fauves, pourquoi faire ? Ils se massacrent entre eux et n’ont besoin de personne.

Je pense qu’ils ont brisé le cercle sacré qui les unissait au grand mystère. Il ne font plus partie de ce monde, ils en sont l’ennemi, la maladie.

Je bois longuement comme si cette eau pouvait me libérer du poids de la vision. Rien à faire, les images de violence et de meurtre reviennent en force. Je tremble…
Je revois cette lumière aveuglante, ce point final, effroyable et sans pitié et puis la nuit qui tombe pour toujours sur les restes du monde.

La pire de toutes ces images, c’est celle de la fin, lorsque je vois un de ces êtres qui me regardent droit dans les yeux et sourit. Son visage se transforme lentement comme s’il fondait. Peu à peu, ses traits se rapprochent de faces connues et familières. Peu à peu, il devient moi. Quand c’est mon visage qui me contemple avec ce sourire si cruel, je me réveille !

Vous pouvez participer à cette petite fabrique d’écriture, prenez le temps de lire les règles qui ne sont en fait que des impératifs de mise en page afin de faciliter la gestion des articles.

Amitié
Thierry

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12 Commentaires

  1. Sigouline dit :

    MIEUX QUE DE LA SCIENCE FICTION…
    jE VEUX LA SUITE… ( je n’ai pas réussi à l’avoir en cliquant sur Lucy )

  2. tby dit :

    @Sigouline: Vos désirs sont des ordres.
    Vous aurez la suite à l’instant !
    Sourire
    Thierry

  3. milady write dit :

    j’adore cette vision des choses. (même si sur ce coup là je n’ai pas eu de surprise sur la fin, figure toi que mon prof à la fac nous racontait les evenements de façon similaire…ah si tu avais entendu les histoires de Darwin qui part à la chasse ou de l’homme préhistorique qui invente le congelo!) ;-)
    très bien écrit en tout cas, je me suis baladé avec plaisir

  4. pandora dit :

    Un très joli texte plein de sens ou (pré)histoire et fantastique se rejoignent. Ton extrait se suffit à lui-même même si je suis allée lire la suite sur un site qui me dit quelque chose ;-)
    Et Lucy et la Vallée du Rift m’ont une nouvelle fois ramenée à de beaux souvenirs.
    Lucy en visionnaire?
    Bonne journée et bon travail ;-)

  5. tby dit :

    @milady write: Merci
    Comme quoi les grands esprits se recontrent bien
    Je plaisante
    Amitié
    Thierry

  6. tby dit :

    @pandora: Bonjour Pandora
    Content d’avoir participé à égayer ta journée
    Amitié
    Thierry

  7. Cette histoire comme un reflet de l’humanité, du crime contre l’humanité…

  8. tby dit :

    @Véronique Grausseau: Bonjour Véro.
    Sourire et merci de ta lecture
    Amitié
    Thierry

  9. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    Merveilleux récit écrit avec un incroyable esprit instinctif de survie.
    L’auteur, relate les difficultés de vie des australopithèques du grand rift, sous le soleil d’Ethiopie. Lucy, génitrice de l’humanité, est décrite avec la simplicité de cette époque lointaine.
    L’imagination du conteur jongle avec la paléonthologie, la science fiction et le présent, pour créer avec talent et toute sa sensibilité, ce superbe moment de lecture.
    Un véritable régal.
    Amitié.
    dédé.

  10. tby dit :

    @dédé: Merci Dédé. Je n’ai que peu de temps pour écrire en ce mois de novembre mais le thème me plaisait particulièrement et j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire
    Amitié
    Thierry

  11. lubesac dit :

    Je lis seulement et je suis scotchée par ton art de te mettre dans la peau d’êtres très différents et de nous communiquer leurs « émotions ». Lucy en avait sans le savoir…
    Tes écrits m’épatent de plus en plus.

  12. tby dit :

    @lubesac: Merci lucette. Tu vas aimer Tatewi, j’en suis sur. Amitié Thierry

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