Anti quoi ? Part 9

Du 14 04 2008 § 5 Commentaires § Mots-clefs : , , ,

Forces de la Police nationale devant le Grand Palais à Paris, France

« – Shalom !
– Ici c’est Lencensoir ! Vous avez du nouveau ?
– Ah ! Inspecteur. Qu’est-ce qui vous intéresse tant que ça dans mon enquête ?
– Il y a un lien entre mon affaire et la vôtre !”
– Tiens ? Et lequel ?
– Le tueur se sert des archives de la clinique pour choisir ses victimes !
– Ça alors… C’est marrant ce que vous me dites là, parce que j’arrivais pas à comprendre pourquoi un de nos gars avait demandé à voir les archives au début du siège de « Laissez-les vivre ». La direction a refusé, il n’avait pas de commission rogatoire. La même nuit, il y a eu un cambriolage à la clinique, rien n’a été volé. Mais la direction m’a signalé que la porte des archives avait été forcée.
– Vous avez la liste des adhérents de « Laissez-les vivre » ?
– Oui, vous en voulez une copie ?
– Oui, envoyez la à ma secrétaire. D’urgence ! Merci Shalom, je saurai me montrer reconnaissant.
– Je l’espère bien. »
J’ai la conviction maintenant que « Laissez les vivre » avait quelque chose à voir dans mon histoire. Quelqu’un de la maison ? Non, une carte de flic pas trop mal imitée, on peut en trouver aux puces.

Boucicaut !
Je rentre au pas de course.
« – Madame, s’il-vous-plait ?
– Oui ?
– Le service gynécologique ?
– Les visites sont terminées !
– Police !
– Vous allez au fond du couloir et prenez l’ascenseur pour aller au quatrième.
– Merci. »

Mon cœur va exploser. J’ai hâte de serrer ma douce contre ma poitrine. D’être enfin un papa pour elle, la protéger, la rassurer.

Chambre 423 !
Je rentre.
Elle dort. Elle est belle ma fillette et ne semble pas trop marquée.
Je prends une chaise et me pose à son coté.
Elle ouvre les yeux et son visage se décore sur le champ d’un doux sourire.
« – Papa…
– Chut !
– Merci papa.
Je lui prends la main et l’embrasse.
– Je suis là. Je ne peux pas rester longtemps, mais je suis avec toi.
– Emmène-moi papa !
– Mais, tu ? Je…
– Ils ont dit que tout était en ordre. Je ne veux pas rester là. Emmène-moi chez toi !
– D’accord ma belle. Repose-toi, je règle ça ! Il nous faudra passer au bureau d’abord. Je ferai court ! »
Je règle la paperasse, ils voudraient bien la garder pour la nuit.
« Non, si le toubib dit qu’elle va bien, je la prends avec moi. Je serai avec elle cette nuit. »
Quand je suis de nouveau dans la chambre, elle est déjà habillée. Elle semble complètement épuisée.
« – Tu es sûre ?
– Oui ! Allons-y ! »

Nous attendons l’ascenseur. Je la soutiens sous le bras.

« – Papa, tu sais, je suis désolée.
– Chut ! Ne te fatigues pas ! Nous parlerons de ça lorsque tu auras repris des forces. »
Elle me sourit et ce sourire nettoie toute la crasse de la journée.
De l’Hôpital au bureau, silence.
Je remarque la camionnette de Laventurier, garée dans une rue adjacente.
« Oui, ben il a bien fait de pas rentrer avec cette épave dans la cour ! »

Nous rentrons dans mon antre comme dans un rêve.
Le doux sourire compatissant de Clara nous accueillant.
J’installe ma fille sur le lit de camp de mon bureau et la couvre.
« – Papa…
– Chut ! Repose-toi !
– Papa ! Un des tes hommes, je l’ai déjà vu à la clinique. Il était en conversation animée avec la directrice !
– C’est normal, c’est suite à l’assaut des antis-IVG. »
Je jette un œil sur mon bureau. J’y découvre la liste des militants de « Laissez-les vivre » que je pousse de côté. Je vois le dossier de Laventurier. Je l’entrouvre, curieux…
« À fait les paras. États de service impeccables jusqu’à la semaine dernière. Un avertissement et un rapport pour absences injustifiées ! Ça correspond avec sa rupture. »
Mon instinct me grattouille. Je me saisis de la liste de l’association.
A la lettre L, un Laventurier Félicien, membre depuis sa majorité.
Au travers de la vitre, je vois Jean-Louis arriver. Je lui fais signe.
« – Georges, je suis vanné. Je suis obligé de rester ?
– Oui ! Tu vas discrètement rue de Lutèce. Là, tu trouveras une camionnette Renault rouillée et qui doit avoir été blanche. Elle est immatriculée dans le 93. Tu me l’ouvres et tu regardes ce qui s’y trouve. Emmène Marchand et soyez sur vos gardes !
– Pourquoi ?
– C’est peut-être le véhicule du tueur. Je veux juste m’en assurer ! Qu’avez-vous appris sur Lucette ?
– Son ami et elle avait une relation vachement tendue depuis un moment. Il lui arrivait d’être violent, surtout depuis qu’elle était enceinte. Ses parents n’ont pas vu Laventurier depuis une bonne semaine. Ils disent qu’ils craignaient pour leur fille mais qu’ils avaient confiance. C’est un flic. Il est là, je l’ai vu sur des photos dans l’appartement et dans les toilettes du bureau.
– Va et sois prudent ! Tu m’appelles sur la chose ! »

Je réveilles ma douce.

« – Il ressemble à quoi cet homme que tu as vu ?
– Oh, très bien, beaucoup d’allure.
– Il est noir ?
– Oui. Enfin pas trop ! Un métis.
– Dors ! Excuse-moi de t’avoir réveillé. »

Je vais dans la salle de réunion. Presque tous sont là.

Je me dirige vers Félicien.
« – Laventurier ! Où est notre Kowalski ?
Il pâlit…
– Il ne se sentait pas bien. Je l’ai ramené chez lui.
– Ah bon.
Je fais signe à Bossuet.
– Félicien, vous voudriez bien aller me chercher un aspirine ? »

« – Raymond ! Tu me bloques les sorties avec tes gars et vous défouraillez !
– Hein ? Tu vas bien ?
– Fais ce que je te dis ! »

Image – Forces de la Police nationale devant le Grand Palais à Paris, France – David Monniaux – 2005 – licence :

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5 Commentaires

  1. dédé dit :

    Bonjour Thierry,

    L’étau se resserre autour du tueur qui est sur le point de se faire arrêter.
    L’inspecteur mène l’enquête avec lucidité, tout en prenant bien soin de sa fille, qu’il réconforte tendrement.
    L’auteur guide notre curiosité avec talent.
    Amitié.
    dédé.

  2. Yannick dit :

    très belle scène du papa flic avec sa fille, ce qui amène un peu d’humanité dans ce sombre tableau. l’étau se resserre…

  3. Odile dit :

    je suis attendrie …. par ce Papa Douceur …

    yes … cela se confirme … finalement je ne pesterai plus quand je serais contrainte et forcée .. de jouer au Cluedo avec mes Petites Filles …

    rire

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